• SportsTahiti MAG’ : « Plug », le QG des mordus de la biscotte by Nicolas Richard

    Vendredi 31 Août 2018 – Vivre de sa passion, c’est un peu ce qu’a réussi à faire Nicolas Richard. Multiple champion de Tahiti et vainqueur de la Taapuna Master, il a voulu mettre son expérience au service de ses clients en créant Plug, la toute première boutique dédiée au bodyboard. Son shop est situé en plein centre-ville, entre deux grands commerces de surf. Pour y accéder, il faut quand même prendre l’escalier, mais si, comme les clients de Nicolas, vous êtes passionné de bodyboard et que vous cherchez la perle rare, ce n’est pas ce qui va vous décourager !

    L’idée du shop n’est pas apparue comme une évidence pour Nicolas Richard. Il est né en France, mais a grandi au fenua pour devenir aujourd’hui une des plus grandes figures de la discipline. C’est sur le spot de Taapuna (un de ses spots préférés) qu’il accumule la majeure partie de son palmarès : une dizaine de finales à la Taapuna Master depuis sa création en 2000. Il a également longtemps été l’égérie de grandes marques de planche.

    Comment est venue l’idée de créer ce shop ?

    Au tout début, la marque Pride, qui me sponsorisait, m’a permis de faire la distribution de ses planches en Polynésie, puis j’ai eu la chance de commercialiser deux autres marques de planches australiennes. J’ai ensuite commencé à travailler avec quelques magasins sur Papeete, mais je me suis vite rendu compte qu’il n’y avait pas vraiment d’endroits spécialisés où l’on pouvait parler à quelqu’un qui s’y connaissait en bodyboard et avoir des conseils avisés. Je me suis donc dit, pourquoi pas allier l’utile à l’agréable, et c’est comme ça qu’avec ma compagne, on a eu l’idée de monter ce shop. »

    « Avant, les magasins commandaient à l’aveuglette »

    Tu trouvais que ce qui se vendait dans les magasins de surf existants n’était pas suffisant ?

    « Je dirais qu’avant les magasins commandaient à l’aveuglette. Il n’y avait pas vraiment de spécialiste qui s’occupait de faire les commandes, pour pouvoir ensuite conseiller à telle ou telle personne un type de planche spécifique. L’idée c’était de faire bénéficier aux clients mon expertise pour dire : toi tu mesures telle taille, tu fais tel poids, tu vas dans tel type de vague, je te conseille donc ce type de planche qui sera bien adapté. »

    Plus qu’une marque, Plug c’est aussi la culture du bodybard en Polynésie…

    « L’esprit du shop, c’était aussi un petit peu d’en faire un lieu de rencontres. On y fait des soirées quelquefois. J’ai déjà fait deux avant-premières de films dans le shop. On a fait venir 60 chaises, on a négocié avec les personnes qui distribuaient les DVD, on a fait de petites entrées, etc. Pouvoir faire ce genre d’événement, c’est génial, ce sont de superbes moments. Faire ça en soirée, c’est assez peu commun. Tu ne vas pas retrouver ça dans les autres magasins de surf. »

    Plug, c’est un moyen pour les bodyboardeurs locaux de se retrouver, mais aussi de faire une connexion entre les riders du fenua et les internationaux ?

    « On a fait aussi venir pas mal de professionnels. La première année du shop, on a eu le team Pride au complet qui est venu. Il y avait Pierre-Louis Costes, champion du monde, Jared Houston, qui a été lui aussi champion du monde. C’était vraiment de grosses pointures, on a fait une séance de dédicaces, on avait même donné des posters. Les gars n’avaient plus qu’à signer, il y avait la queue jusqu’en bas, dans la rue. C’est ça l’esprit de cette boutique. Quand tu entres il fait frais, il y a toujours une vidéo de boogie sur le grand écran. Quelques fois il y a des gars qui viennent, mais pas forcément pour acheter une planche ou des palmes, ils sont déjà équipés, mais on va discuter boogie, vagues, surf, etc. »

    « Le but, c’est de faire de ma passion, mon gagne pain »

    C’est aussi un style de vie…

    « Oui tout à fait, c’est le mot. Bon, il y a aussi une démarche commerciale derrière, c’est sûr. Je vends des boogies pour vivre. Mais ce n’est pas seulement ça, le but pour moi, c’est de rester dans ma passion, de faire de ma passion mon gagne pain. »

    Plus que le rassemblement, le shop suscite également la créativité avec des vidéos promotionnelles faites localement… Nicolas, tu collabores avec des amis riders. Certains clips ont été vus sur YouTube plus d’un million de fois.

    « Oui, ça c’est la partie la plus fun je dirais… C’est un cercle vertueux on va dire. Moi je distribue des marques qui me sponsorisent. Ce qui veut dire que je dois aussi en faire la promotion. Je distribue aussi des marques qui me demandent de trouver des riders locaux pour la promotion. Donc l’idée était de prendre quelques riders avec qui je m’entendais bien pour faire la promotion de manière à ce que ce soit fun. C’est-à-dire qu’on va regarder où on peut trouver les meilleures vagues possibles. On va par exemple trouver une destination pour les Tuamotu pendant une semaine, et puis on va se filmer entre nous. Derrière, on va faire des petits podcasts et des vidéos qu’on va pouvoir montrer sur le Net.

    Récemment on a réalisé un film avec la crème du bodyboard local. Le film s’appelle « Ride In Peace ». On a projeté ce film au grand théâtre de la Maison de la culture. Ce qui est impressionnant, c’est qu’on a réussi à remplir la pièce, c’est-à-dire à peu près 800 places. C’était dingue, il y avait une ambiance vraiment géniale. Comme souvent ça débordait un petit peu de la communauté boogie. Il y avait pas mal de monde qui venait par curiosité. Le film était marrant, c’était un mélange de boogie et de jackasserie à la polynésienne. »

    Avec des courtes créations audiovisuelles qu’on ne trouve nulle part ailleurs, plus qu’un shop, la boutique de Nicolas Richard et de sa femme est partie d’une passion pour devenir le point névralgique de la culture bodyboard polynésienne : le quartier général de l’armée aquatique polynésienne de la biscotte.

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