• Va’a : Le renouveau de Mataiea Va’a

    Vendredi 19 Février 2020 – Après avoir ramé au plus haut niveau avec Shell Va’a, Georges Cronsteadt était devenu le numéro 1 du stand up paddle race local. Après une belle carrière internationale qui l’a mené jusqu’à la quatrième place du championnat mondial 2014 de sup race, le « King » est revenu vers sa discipline d’origine, le va’a. Il vient de relancer Mataiea Va’a et invite les personnes débutantes ou confirmées intéressées à venir jeter un œil du côté du fare va’a de Tehoro.

    Georges Cronsteadt est l’un des rares sportifs polynésiens à avoir mené une carrière semi-professionnelle tout en travaillant. Il exerce le métier de postier dans la commune de Teva I Uta et réside à Papara avec sa femme, Heilani, et leurs deux garçons.

    Soucieux également de faire quelque chose pour les jeunes de sa commune et avec l’inconditionnel soutien du tāvana Tearii Alpha, il a décidé de relancer Mataiea Va’a. De nombreux champions de la discipline sont originaires de la commune : on peut citer Rete Ebb mais également Manutea Million, Hinatea Bernadino… Et pas seulement en va’a puisqu’il y a également le surfeur Michel Bourez, le footballeur Teva Zaveroni, pour ne citer qu’eux.

    À Mataiea, comme ailleurs à Tahiti, la jeunesse est touchée par la drogue et l’alcool. Alors les « stars » de la commune se mobilisent. Depuis que Teva Zaveroni a intégré le conseil municipal, une dynamique s’est créée autour du football, du beach soccer. Georges Cronsteadt, lui, a voulu attirer les jeunes vers l’océan et le va’a, sport emblématique en Polynésie.

    Parole à Georges Cronsteadt :

    Ton parcours dans le va’a ?

    « J’ai commencé à l’âge de treize ans à Mataiea où j’ai donné mes premiers coups de rame. J’ai pu, avec mes victoires en junior puis en senior, intégrer de grandes équipes comme Shell Va’a, Ra’i, Pirae Va’a et pour finir le Team Opt. »

    Et tu es finalement revenu au va’a…

    « Mon retour au va’a après le SUP s’est fait par le biais de quelques copains de la commune qui eux n’avaient plus ramé depuis vingt ans. Dès les premiers jours, j’ai retrouvé de bonnes sensations. J’ai essayé de ressortir mes vieilles pirogues pour m’entraîner un peu individuellement et là, ça a été le déclic. Tout s’est enchaîné ensuite. Après quelques courses, j’ai eu la chance d’avoir un petit coup de pouce de certains constructeurs locaux que je remercie. Mais par la suite, j’ai très vite été intéressé par Are Va’a et Baptiste Gossein qui avait un projet de proposer un V1 100 % sorti de son atelier et travaillé sur ordinateur. C’est ce challenge qui m’a plu ! »

    Quelques mots sur l’historique du club ?

    « Mataiea Va’a a démarré grâce à nos familles et grâce à l’engouement pour le va’a que l’on avait à l’époque et que l’on a essayé de faire revivre. Je pense que le club est né en 1996 ou 97, je ne sais plus exactement. Mais c’est surtout grâce à notre tāvana de l’époque, M. Milou Ebb, père de tonton Rony et grand-père de Rete, avec le tahoe (ndlr unité) de nos familles, que ce club a existé et formé beaucoup de champions. »

    Comment se sont passé́s le recrutement, les entraînements ?

    « Les clubs comme Mataiea Va’a, Te Ui Va’a ou encore Papara Va’a et Paea Oropaa ne recrutent pas. Ces clubs sont des clubs formateurs. C’est l’envie de venir ramer qui prime pour nous, que tu sois débutant ou confirmé, en surpoids ou hyper musclé. C’est le fait d’avoir envie d’être à l’eau avec les copains qui compte. Le reste (les courses) suit automatiquement, on va dire. C’est le va’a lifestyle que j’aimerais retrouver et proposer pour pouvoir attirer des jeunes qui aimeraient se lancer. »

    Qui forme l’é́quipe ? Coach ? Sponsors ?

    « Pour le moment, nous n’avons pas de coach officiel. Tout se fait au jour le jour et suivant le plan d’eau, la météo. Au niveau du sponsoring, nous avons en premier lieu la commune, pour la mise à disposition du fare va’a — au passage je remercie M. Tearii Alpha, notre tāvana —, puis Are Va’a avec Baptiste Gossein. Par mon intermédiaire et grâce à la volonté de chacun d’entre nous, on se cotise de temps en temps pour des achats divers. »

    Les objectifs du club ?

    « L’objectif du club reste le même : former nos futurs champions ! Venez ramer si vous ne savez pas quoi faire ! »

    Le meilleur du Sport au Fenua, c’est sur www.sportstahiti.com.

    SB

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