• Triathlon : Frédéric Tête remporte le « ITU World Championships 2018 »

    Vendredi 14 Septembre 2018 – Les championnats du monde de triathlon ont démarré hier à Gold Coast en Australie. Frédéric Tête a participé au triathlon distance « Sprint » composé de 750m de natation en mer, 20kms de vélo et 5kms de course à pied. Inscrit dans la catégorie d’âge 45-49 ans, il n’a pas fait dans la demie mesure puisque Frédéric Tête remporte l’épreuve.

    Frédéric Tête nous raconte sa course :

    « Les départs des différentes catégories sont donnés par vague partant toutes les 5 à 10 minutes.
    Ma vague (45-49 ans) part en première position à 10:00. La température extérieure est de 24 degrés et la température de l’eau est à 20,9 degrés, le port de la combinaison est donc autorisé, ce qui ne m’arrange pas car cela favorise les moins bons nageurs. Après une longue attente stressante de 15 minutes dans le sas de départ, nous nous retrouvons alignés sur le bord de la plage quelques secondes avant le start. Nous sommes 88 dans notre catégorie au départ pour 750m de natation en mer, 20kms de vélo et 5kms de course à pied, le couteau entre les dents, prêts à en découdre sur cette épreuve que nous avons tous préparée et attendue depuis longtemps.
    Le starter nous libère enfin ! Mon départ rapide habituel ne me suffit pas pour me détacher, nous sommes au coude à coude, et je sens également des mains me toucher les pieds, le niveau est placé ! La course ne sera pas facile ! Nous sommes nombreux à vouloir le titre ! La première bouée est située à 200 mètres, je reste sur un rythme très élevé pour ne pas me retrouver enfermé au virage de la bouée, j’augmente aussi mon battement pour gêner et me détacher de la personne qui me touche les pieds. J’arrive à la première bouée en deuxième position et je conserve un rythme le plus élevé possible pour durcir la course. Je passe maintenant en première position, mais je vois qu’il y a beaucoup de monde juste derrière moi. Le drafting (autorisation de rouler en groupe) étant autorisé sur la partie cycliste, je fais le choix de forcer encore plus sur l’allure pour fatiguer les adversaires et tenter de créer des cassures pour éviter la formation de groupes trop important.
    Je sors donc de l’eau en première position, porté par les encouragements de la foule amassée le long du parcours. Je me retourne pour constater que mon avance est très faible et que de nombreux athlètes sont tout près de moi. Les distances de transition sont longues et je m’applique pour être efficace et partir pour les 20 kilomètres de vélo avec le plus d’avance possible.
    Après deux kilomètres, nous attaquons une succession de montées, descentes, virages très techniques. J’en profite pour évaluer mon avance sur mes poursuivants. Elle est très faible ! Je sais que je vais me faire rattraper mais je veux passer la partie technique seul pour éviter le risque de chute et le risque de me faire piéger et distancer dans un virage.
    Je me fais rattraper par deux athlètes australiens à la fin de la partie technique, il reste environ 16 kilomètres de plat en aller retour.
    Nous nous organisons à trois en enchaînant les relais rapides et efficaces, nous sommes face au vent, le rythme est très rapide pour moi, j’ai parfois du mal à tenir, je commence à avoir mal au ventre mais je m’accroche en me disant que si je décroche ce groupe, la victoire m’échappera certainement. Je profite des relais derrière pour analyser mes adversaires. Le plus fort (dans cette partie cycliste) des deux australiens a des cuisses assez grosses, qui seront à mon avis, difficiles à emmener en course à pied, cela me rassure ! Mais l’autre australien est beaucoup plus effilé et semble beaucoup plus taillé pour la course à pied !
    Nous voici au demi tour, je suis arrivé à tenir sur toute la partie face au vent, je sais maintenant que le retour passera plus vite, heureusement car ça commence à être vraiment dure.
    Nous croisons à ce moment nos poursuivants et nous constatons qu’un groupe de six athlètes n’est pas très loin de nous et semble bien organisé. Il ne faut absolument pas relâcher l’allure.
    Nous maintenons de bons relais, ça devient de plus en plus dure et je dois en plus être très méfiant que les deux australiens ne se mettent pas d’accord pour me faire « sauter » du groupe.
    Voici enfin la deuxième transition, nous sautons du vélo à toute allure et nous devons courir longtemps avec notre monture à la main jusqu’à notre emplacement. Je suis à ce moment-là très étonné car celui que je pensais être plus faible en course à pied court en fait très vite devant moi. Il ne peut pas être si fort dans les deux disciplines. Je débute donc les 5 kilomètres de course à pied en deuxième position mais j’arrive finalement rapidement à prendre la tête. Comme nous sommes partis dans la première vague des différents groupes d’âges, nous sommes les premiers à courir et nous avons le vélo ouvreur qui nous précède. Cela me donne des ailes mais je ressens assez vite la fatigue des efforts fournis sur la partie cycliste. Après environ un kilomètre, je sens la présence d’un concurrent derrière moi. Je profite d’un demi tour pour constater qu’il s’agit de l’autre australien, celui qui a le profil d’un coureur, la situation est extrêmement délicate. Il revient vite à ma hauteur et je me mets du coup à douter. Je sens la victoire m’échapper… Après quelques secondes de doute, je pense à toutes les personnes qui croient en moi, qui croient en ma victoire, et je me dis que ce n’est pas possible, que je dois lutter et tenir le coup.
    Je ne reste que quelques secondes à sa hauteur et je décide d’attaquer tout de suite au bluff en plaçant une accélération franche. Mon adversaire n’arrive pas à suivre, je gagne quelques mètres sur la fin du premier des deux tours. Il reste 2,5 kilomètres et je paye maintenant les efforts que je viens de fournir, mes jambes sont lourdes, ma foulée se raccourcit, mon ventre me fait mal mais les encouragements du public m’aident à tenir. Cependant, je sais que mon allure a baissé et effectivement, je constate au demi tour que mon poursuivant s’est à nouveau rapproché. Il reste 1 kilomètre et je décide de tout donner dès maintenant pour ne pas lui donner l’espoir de pouvoir revenir sur moi. Mon corps est torturé mais mon esprit m’aide à tenir jusqu’au bout. Enfin, le tapis bleu d’arrivée se présente devant moi et je peux apprécier les derniers mètres avant la ligne d’arrivée, que je franchis avec seulement 15 secondes d’avance.
    Je me précipite alors contre la barrière pour ne pas m’écrouler, la course a vraiment été difficile mais je suis ravi et fier d’avoir gagné…au mental !
    Il me reste maintenant quelques heures pour bien récupérer avant d’enchaîner dimanche sur le triathlon Distance Olympique (1500m de natation, 40kms de vélo et 10kms de course à pied), fier de montrer les couleurs de Tahiti !
    Je crains que la course de dimanche soit encore plus difficile, il va falloir se « battre » et trouver les ressources physiques et mentales. »

    Le classement :

     

    Suivez les résultats de nos Aito à l’international sur www.sportstahiti.com.

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