• Taekwondo : Anne Caroline Graffe, objectif les Jeux Olympiques de Tokyo 2020

    Vendredi 15 septembre 2017 – Dans le monde très fermé du sport de haut-niveau, Anne-Caroline Graffe, 31 ans, s’est faite une place au soleil du taekwondo tricolore. Cette championne originaire de Paea détient deux titres majeurs : championne du monde en 2011 en Corée du Sud et vice-championne olympique en 2012 à Londres. Depuis, notre icône locale a due faire face à une blessure à la hanche qui a nécessité une opération. Après plus de 3 années de galère, c’est une femme qui croque la vie à pleine dent qui a bien voulu répondre aux questions de Sportstahiti MAG.

    Peux-tu nous présenter brièvement ton parcours sportif et professionnel ?

    « Je suis en équipe de France de Taekwondo depuis presque 10 ans et je partage mon temps entre Paris, où je m’entraîne, et Paea où je me ressource en famille. Je suis diplômée en journalisme et communication et je poursuis des études supérieures afin de préparer ma reconversion. »

    Comment t’es venue cette passion pour le taekwondo ?

    « J’imagine que ça doit être un peu dans les gênes : mon père était champion de boxe et nous avons grandi dans le sport. J’ai découvert le taekwondo à l’âge de 11 ans grâce à des cousins et à mon frère qui le pratiquaient à l’époque. A force de les accompagner et de les regarder à l’entraînement, je suis tombée sous le charme de cet art martial coréen qui propose une multitude de techniques impressionnantes et aériennes. Ensuite, ce sport prône les valeurs de respect, de discipline et de modestie. Des valeurs dans lesquelles je me suis toujours reconnue. « 

    Quels souvenirs gardes-tu de ta magnifique médaille d’argent aux JO de 2012 ?

    « Les Jeux Olympiques restent de loin la compétition la plus incroyable à laquelle j’ai pu participer. L’ampleur de l’événement, la taille de la salle de compétition, l’ambiance dans les tribunes, la masse de gens qui nous soutient et croit en nous : tout est énorme ! Sur le village olympique, on côtoie des stars internationales du sport et on se sent unique et privilégiée. On réalise aussi que si on est là, c’est qu’on a fait quelque chose de grand.  Participer, c’est déjà un accomplissement surtout quand on pense aux sacrifices que le sport de haut niveau demande. Ramener une médaille c’est plus que du rêve. La jeune tahitienne que j’étais quand je suis arrivée en équipe de France n’aurait jamais espéré ça. »

    Tu as été blessée à la hanche, comment as-tu vécu cette période ?

    « Après les jeux de Londres, j’ai commencé à avoir des douleurs à la hanche et ça s’est empiré. Avec mes médecins et mes entraineurs, on espérait que ma hanche allait tenir jusqu’aux Jeux de Rio. Malheureusement les douleurs étaient devenues insupportables et j’ai dû prendre la décision de me faire poser une prothèse de hanche à quelques mois des Jeux. Ça a été une période très difficile à vivre car je savais que cette décision compromettait mes chances de sélection. Mais la santé doit être la priorité et aujourd’hui je ne regrette rien. « 

    Où en es-tu physiquement ? 

    « Je vais beaucoup mieux ! Après avoir souffert pendant 3 ans, enfin, je revis. J’ai repris les entrainements et je retrouve le plaisir de faire du sport. Je suis toujours aussi passionnée par le taekwondo et c’est mon moteur au quotidien. J’aimerais retrouver mon meilleur niveau. »

    Quels sont tes prochains objectifs ?

    « J’ai pris la décision de tenter une dernière fois l’aventure olympique avec Tokyo en 2020. Il me reste donc 4 ans pour retrouver mes repères en compétitions et mes sensations en combat. Les sélections olympiques passent par le ranking mondial. Cela veut dire qu’il faut que je sois performante sur les grands évènements tels que les championnats du monde, le championnat d’Europe et les Grands Prix. Ma prochaine compétition de ce niveau sera les championnats d’Europe en septembre 2017. »

    Quels conseils donnerais-tu aux jeunes ?

    « Chaque fois que j’apprends qu’un jeune a perdu la vie dans une bagarre ou dans un accident à cause de l’alcool, ça me m’attriste. Je sais que la vie n’est pas toujours facile, j’ai moi même traversé des moments difficiles. Mais j’aimerais que leur réponse aux difficultés de la vie soit l’ambition. L’ambition de se créer un avenir plus heureux. »

    Comment fait-on pour être une grande championne comme toi ? 

    « Mes racines sont ma force. Nous avons la chance d’être un peuple courageux, humble et capable d’apprécier la beauté de la vie. Tout ce qu’il faut pour réussir. »

    Delano Flohr

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