• SportsTahiti MAG’ : Vaihere Desolier : « À la base, je voulais juste perdre mes kilos en trop »

    Jeudi 17 octobre 2019 – Nous retrouvons Vaihere Desolier, à l’époqiue, dans la salle de musculation « Punaruu Gym ». Là bas, elle est connue pour ne jamais renoncer à l’entraînement. Un état d’esprit qui a, sans aucun doute, beaucoup joué dans sa carrière d’athlète en catégorie Bikini fitness. Rencontre.

     

    Vaihere Desolier c’est trois titres de championne de Polynésie bikini fitness en 2017, 2018 et 2019, c’est également une deuxième place au Tahiti Body Contest 2017, une première place au Tahiti body contest 2018 et aussi une médaille de bronze au très disputé IFBB pro league en Nouvelle Zélande l’an dernier.

    Oui, mais d’où vient-elle cette Vahine avec son physique hors du commun ?

    Vaihere est originaire de Raiatea. Elle a 32 ans, elle mesure 1m74, et habite à Faa’a. Pour son poids, ça se complique. Elle oscille entre 56 et 65 kilos en fonction de la période de l’année : si elle est en « sèche » ou bien « hors saison ». Son physique quant à lui, une chose est sûre, elle ne le tient pas de la « génétique ». « En fait, à la base j’étais en surpoids, j’avais 22 kilos en trop. C’est pour ça que j’ai cherché à faire du sport. Après, c’est vrai que je suis quelqu’un de curieux j’ai donc voulu essayer la musculation parce que je ne connaissais pas ». Elle prend rapidement goût à l’effort et perd ses kilos en trop en un rien de temps, six mois lui suffisent. Très vite, dans sa salle, on remarque ses progrès et on lui propose de faire de la scène. «  Je me suis dit « pourquoi pas », parce que je voyais le niveau esthétique que les compétiteurs arrivaient à atteindre en compétition. J’ai dit « oui », et c’est de là que tout est parti. « J’ai fait ma première compétition, en 2017, c’était le championnat de Polynésie, que j’ai remporté. Ça m’a plu, mais en Polynésie, il n’y a pas beaucoup de filles qui concourent, donc le titre ne signifie pas grand chose. Je voulais à tout prix connaître mon niveau réel » poursuit-elle. Décidée, la jeune femme part alors à Auckland, où elle monte sur scène cette fois contre huit adversaires et remporte la médaille de bronze. « Je ne pensais pas que je pouvais atteindre un vrai niveau en Bikini Fitness. C’est vraiment à ce moment là que je me suis mise sérieusement au culturisme ».

    Des larmes de joie pour commencer

    Sa carrière de Bikini fitness ne se résume pas à des entrainements, des compétitions et des médailles. C’est aussi (et surtout) un soutien inconditionnel que ce soit de la part de son préparateur physique Matairea Teriipaia avec ses conseils avisés, de la part des autres membres de sa salle avec leurs approches bienveillantes « pas dormir Vai », leurs « jusqu’au bout ! bon ça Vai… » ou encore leurs « motivée ! » ou encore de la part de ses amis et sa famille. Elle s’en rappelle comme si c’était hier. « Ils étaient presque tous présents lors de ma première compétition en 2017, se remémore-t-elle la larme à l’œil. Ils sont venus sans me le dire et à eux seuls, ils représentaient 70% du public. Je n’étais pas au courant, je suis montée sur scène et j’ai entendu mon nom. C’était la première fois que je voyais un public de face. Au début, j’ai eu peur de ne pas être à la hauteur, mais après j’ai juste apprécié le moment. Je pense que c’est mon plus beau souvenir de compétition. »

    Son plus grand regret : la TBC 2017

    En plongeant davantage dans la carrière de Vaihere, on remarque comme un regret sur son visage lorsqu’elle évoque la TBC. « C’est mon plus mauvais souvenir parce que j’ai foiré ma préparation. À ce moment là, j’étais insoucieuse et pressée. J’étais pressée de perdre du poids pour la scène, alors que je savais très bien que ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Il faut sécher, et non pas perdre du poids. Je l’ai tout de même faite parce que je m’étais inscrite. Avec le recul je pense que c’était quand même nécessaire parce que c’est ce qui m’a poussé à aller chercher ma médaille de bronze en Nouvelle Zélande. Et c’est une expérience, il faut apprendre de ses erreurs. »

    Pourquoi avoir choisi la musculation ?

    Quand on lui pose la question ô combien récurrente, la championne est intarissable. « Le premier bienfait qui me vient à l’esprit, c’est instantané, c’est la décompression. Après une longue journée de travail, on est à la salle, on est fatigué, du coup cet effort physique, ça fait du bien aux nerfs. La deuxième chose c’est le résultat, la transformation physique. Il y a des muscles que j’ai, dont je ne soupçonnais même pas l’existence avant de débuter la musculation. D’ailleurs, ça aussi ça me plait, la découverte du corps. Grâce à la musculation, j’ai appris à mieux connaître mon corps et à mieux me connaître moi-même au niveau de mon comportement. Enfin, la troisième, c’est évidemment la santé. C’est la raison pour laquelle j’ai commencé ce sport. Avant j’avais des problèmes de dos, on m’appelait même « quasimodo ». J’ai appris à mieux me tenir, je n’ai plus de douleur et surtout je ne suis plus en surpoids. »

    Solitaire à l’entrainement, seule en compétition

    Avec Oscar Dexter

    À sa salle, elles sont quatre filles à venir de façon assidue. Les autres font de la force athlétique, Vaihere est donc la seule à se préparer pour des compétitions de bikini fitness. Alors comment l’athlète fait-elle pour se motiver tous les jours seule ? Comment a-t-elle trouvé sa place ? Installée sur la machine à presse, le regard fixe, la jeune femme est entourée de garçons, et alors ? « oui je suis quasiment la seule fille dans cette salle… Ça ne me fait pas grand chose. Je suis assez solitaire. J’aime m’entraîner toute seule. Après je ne suis pas là à m’occuper des autres. Quand je viens m’entraîner, je suis vraiment dans ma bulle. Si je dois m’entraîner avec quelqu’un, je le fais avec Matairea. Quelques fois il y a un ou deux garçons qui se collent à moi pour essayer de me suivre. Mais ça m’est égal. Ce qui me déçoit par contre, c’est la compétition en Polynésie. Vu qu’il n’y a pas beaucoup de filles, on ne connait pas son niveau, on se prépare toute une année pour se présenter seule sur scène. Je trouve qu’il n’y a pas de mérite à gagner une compétition du championnat de Polynésie. »

    En deux ans, Vaihere a bâti une carrière qui en impressionne plus d’un, remplie de victoires, de moments heureux, mais aussi de déceptions. Des déceptions qu’elle transforme en carburant et qui lui permettent d’aller plus loin encore. Aujourd’hui à Tahiti Fitness, sachant ce qu’elle vaut, elle a désormais le regard rivé sur la compétition à l’étranger synonyme de défis et de potentielles victoires.

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    Boyo Goyo

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