• SportsTahiti MAG’ : Tuarai Hery, les Jeux olympiques 2024 en ligne de mire

    Lundi 17 Février 2020 – 1,98m pour 92 kg, du haut de ses 23 ans, Tuarai Hery pratique le taekwondo depuis maintenant 10 ans. Triple champion de France, après avoir passé avec brio les étapes des championnats de Polynésie et des Jeux du Pacifique, le aito polynésien intègre l’équipe de France et est pensionnaire à l’INSEP, l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance. Licencié aux TKD Punaruu et à l’AUC taekwondo* dans l’Hexagone, il a les Jeux olympiques de Paris 2024 en ligne de mire. Interview du champion.

    Ia ora na Tuarai, peux-tu nous présenter rapidement ton palmarès ?

    « Ia ora na tout le monde. Au niveau local, j’ai été plusieurs fois champion de Polynésie, 3 fois vainqueurs des Oceania, vainqueur des mini-Jeux du Pacifique 2013 et vainqueur des Jeux du Pacifique 2015 en Papouasie. Sur le plan national, je suis triple champion de France (2007/2009/2019), vice-champion en 2010, puis médaillé de bronze aux championnats de France 2018 et au Tournoi International de Paris en 2018. »

    Ta dernière compétition en 2019 a été un peu compliquée ?

    « Oui, c’était en juillet dernier à Naples, en Italie. C’était la première fois de toute ma carrière que je devais faire un régime pour perdre 7 kg. Habituellement, je tire dans la catégorie des Seniors +87 kg. Mais ma catégorie n’étant pas programmée à cette compétition, j’ai donc dû descendre. Au début, je pensais que cela allait être très difficile, mais j’ai été correctement suivi durant ma diet. Le jour de la compétition, je perds en huitième de finale face à un Egyptien d’un point (9/8). Les premiers rounds étaient tendus et, dans le dernier, il menait le combat. Donc, j’ai dû tout tenter pour revenir au score. Malheureusement, je n’ai pas su garder mon calme. Je commençais à prendre des pénalités et à sortir de mon jeu de combat.  Finalement, cela reste tout de même satisfaisant. »

    Pourquoi et comment as-tu commencé le taekwondo ?

    « J’ai commencé le taekwondo à l’âge de 8 ans. Mon père voulait que ma sœur et moi pratiquions un sport de combat pour pouvoir nous défendre. Il y avait un club de taekwondo pas très loin de la maison, il nous y a donc inscrits. Et c’est de là que tout a commencé. »

    Qu’est-ce qui te plaît dans ce sport ?

    « Ses valeurs : le respect, le fair-play et la combativité. Mais également les enchaînements de coups de pied aériens. Ce sport demande de la souplesse, de la puissance, de la précision, de la mobilité et, bien sûr, du cardio comme dans la plupart des sports. C’est ce qui est d’ailleurs, pour moi, le plus difficile : la souplesse et le cardio ; car cela demande énormément de temps et de travail pour progresser. »

    Quels sont tes points fort et faible ?

    « Mon point fort, je dirais, ma taille. Je mesure 1,98 m pour 92 kg. Mon point faible, le cardio. Mais je continue à le bosser pour qu’il passe dans la catégorie de mes points forts (sourire). »

    Quel est le combat qui t’a le plus marqué dans ta carrière ?

    « Pour l’instant, le meilleur de mes combats a été le quart de finale à l’US Open 2015 en Floride. Je me suis mesuré à un Nigérien qui faisait 2,07 m. C’était la première fois que je me battais avec quelqu’un de beaucoup plus grand. Il me menait de 6 points dans le premier round, grâce à 2 touches à la tête. Au deuxième round, je suis revenu au score. Et à la fin du combat, on finit sur une différence de 3 points. La même année, ce dernier finit champion du monde et, l’année suivante, vice-champion olympique. » 

    “ À l’INSEP, on s’entraîne deux fois par jour, matin et soir taekwondo ! Tout a été aménagé pour que je puisse m’entraîner et suivre mes cours.”

    Comment gères-tu tes entraînements, tes compétitions et ta vie pro/perso ?

    « À l’INSEP, on s’entraîne deux fois par jour, matin et soir. L’année dernière, j’ai validé mon DEJEPS* taekwondo. Ce diplôme permet d’être entraîneur de taekwondo. Tout a été aménagé pour que je puisse m’entraîner et suivre mes cours. Dès l’instant où on rentre à l’INSEP, on doit avoir ce que l’on appelle “le double projet” : le projet sportif et le projet professionnel. Cette année, je passe une autre formation, un BP APT*. C’est un diplôme qui me permettra de travailler dans le domaine du sport. Ma journée débute à 8h du matin et je suis en cours jusqu’à 10h. Puis, de 11h à 12h30, je m’entraîne. L’après-midi, j’ai cours de 14h à 16h et j’enchaîne sur l’entraînement de 17h à 19h. »

    Tes prochains objectifs ?

    « Mon prochain objectif est le Tournoi International de Paris. L’année dernière, j’ai fini 3e à ce tournoi. J’espère faire mieux cette année. Il y a aussi les qualifications pour les Jeux olympiques 2020. Mais, je me prépare plutôt pour Paris 2024. »

    As-tu des remerciements ?

    « Merci à mes parents qui m’ont suivi depuis le début. Mon père qui nous faisait courir presque tous les jours avec ma sœur (rires). C’est grâce à ça que j’en suis là. Ma mère, elle, s’occupait davantage de la partie scolarité. Elle nous faisait bien comprendre qu’il n’y avait pas que le sport. Ensuite, j’aimerais remercier ma famille, au sens large, qui m’a toujours soutenu et qui continue à le faire ; ma belle-famille également, qui me soutient depuis plus de 4 ans. Merci également à ma chérie, qui me supporte et me soutient dans tous mes projets sportifs : les entraînements, les départs pour les compétitions et qui continue à le faire même à 18 000 km.  Enfin, j’aimerais remercier tous mes sponsors à commencer par Air Tahiti Nui, Teva import, Priscille Yersin, The Gym Tahiti, TKD Punaruu, AUC TKD. »


    – Ton horoscope chinois et français : Rat et Poisson
    – Ta technique de combat préféré : le mondolyo tchagui (un coup de pied circulaire arrière à la tête)
    – Ta musique préférée : je n’ai pas vraiment de musique préférée. J’écoute un peu de tout : du reggae (J-Boog, Bob Marley, Jack Johnson, Ben Harper mais également quelques artistes locaux (Iris local, Teiva LC, etc.). J’aime aussi le rap américains et quelques rap français. Et des musiques à se casser les oreilles, les musiques de mon père, comme Linkin Park, System of down, ACDC, LS Proxi etc.
    – Ton plat préféré : gratin de pomme de terre, lardon, fromage, crème fraîche ou pâtes à la carbonara.
    Ce que tu fais en premier le matin : un bisou à ma chérie si elle est à côté de moi, sinon, je suis sur mon smartphone.


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    Toanui Maitere

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