• SportsTahiti MAG’ : Tauhiro Yip, l’Atlas Polynésien »

    Vendredi 6 septembre 2019 – Tauhiro Yip est un athlète que l’on ne présente plus. Il est la référence du bodybuilding à Tahiti. Il est le digne successeur de ses ainés, Roberto Cowan, Igor Léontieff ou Oscar Dexter pour ne citer qu’eux. Tauhiro démarra dans le garage de son oncle où il le voyait soulever des haltères. Du haut de ses 65 kilos, il s’est dit pourquoi ne pas gagner un peu de poids.

    Voyant son corps se métamorphoser, il décida de s’inscrire dans une salle de musculation. Bien lui en a pris puisque son palmarès n’a fait que de s’étoffer depuis ce jour. Plusieurs fois champions de Polynésie, médaillé d’or aux jeux du Pacifique et plus récemment champion de France -90 kg et champion toutes catégories au tournoi international de Nice.

    Dans la vie de tous les jours, Tauhiro est gardien de prison, co-gérant d’un commerce de complément alimentaire. Sportstahiti est allé à la rencontre de ce sportif de haut niveau fort sympathique avec un brin d’humour qui le caractérise. Un sportif qui réussit à allier sa vie de famille et professionnelle avec sa passion du bodybuilding.

    Présentes-toi brièvement ?

    « Iaorana, je me présente Tauhiro Yip, j’ai 37 ans et je suis papa d’une magnifique petite fille. A ma dernière compétition en décembre je pesais 92Kg actuellement je pèse 98KG. »

    Comment t’es venue cette passion pour le bodybuilding ?

    « Au début, je pratiquais ce sport pour passer le temps dans le garage d’un de mes oncles dans le quartier de la Mission à Papeete. C’est en voyant mon physique se transformer que la passion pour le bodybuilding est apparue. C’est à ce moment là que je me suis mis à fond sans pour autant vouloir faire des compétitions. »

    Tu fais quoi dans la vie en dehors du bodybuilding ?

    « Je suis surveillant pénitentiaire au centre pénitentiaire de Nuutania à Faa’a cela fait 10 ans que j’y travaille. Je m’épanouis complètement dans mon métier. Je suis aussi associé dans un commerce de vente de compléments alimentaires. »

    Tauhiro Yip avec son associé Cédric Wong Chou.

    On associe souvent le bodybuilding au dopage qu’en penses-tu ?

    « Le dopage est un thème récurrent dans notre discipline… C’est dommage… Beaucoup de personnes pensent en voyant un gars bien bâti qu’il prend des produits illicites car pour certains atteindre un physique pareil n’est pas de l’ordre du naturel. Ce qui me fait rire c’est que certains pensent que prendre un shake de protéines, c’est du dopage… De plus, déplacer des charges plus lourdes que les autres et travailler plus dur plus longtemps est dû à la prise de produits anabolisants. Pour ma part la pilule magique n’existe pas mis à part dans DBZ (ndlr : Dragon Ball Z). Le secret réside dans le fait qu’il faut travailler plus dur que d’autres. Il faut faire des sacrifices. A partir du moment où on veut être le meilleur, cet état d’esprit se retrouve dans toutes les disciplines sportives. Car quand on aime on ne compte pas… quoi que si on compte le nombre de répétitions et de kilos soulevés.
    La seule pilule magique que je prends est un mélange de motivation, de discipline, de sacrifices, de détermination et surtout de passion ! »

    Quels sont tes prochains objectifs ?

    « A l’heure actuelle, je n’ai qu’un objectif : l’Olympia amateur en septembre à Las Vegas. Un sportif veut toujours aller plus loin dans les défis et pour moi c’est un des plus grands défis que je me lance. »

    Tu pourrais expliquer à nos lecteurs : comment se passent les concours ? Sur quels critères vous êtes évalués ?

    « Un concours de Bodybuilding se déroule de la manière suivante : les athlètes sont classés par catégories de poids. Il y a une première phase qui est le « préjudging ». Les juges à ce moment là, sélectionnent les futurs finalistes. Les vainqueurs de chaque catégorie se retrouvent ensuite pour la grande finale où sera ainsi désigné le vainqueur toutes catégories. A chaque étape les athlètes sont comparés entre eux sur la symétrie haut et bas du corps/ gauche et droite mais aussi sur la masse musculaire/ la ligne/ la définition musculaire. Ce sont sur ces critères que les juges s’appuient pour désigner les vainqueurs. »

    Comment expliques-tu le regain d’intérêt pour ce sport qu’est le bodybuilding à Tahiti ?

    « Le renouveau de cette discipline qu’est le culturisme est dû notamment à la facilité d’accéder aux informations sur la nutrition sur les entraînements grâce à internet. Mais aussi à l’émergence des catégories men’s physique et bikini plus accessibles pour certains. Et enfin au nombre croissant de compétitions tout au long de l’année comme le jubilé d’Igor Léontieff en mai et la Tahiti Body Contest en décembre. »

    Est-ce que ton corps souffre de ta passion ?

    « Mon corps se porte bien pour le moment malgré le fait que l’an dernier durant ma préparation, j’ai eu des soucis au niveau de mes épaules. Mais grâce à l’aide de Karyl Peyrolle physiothérapeute, j’ai pu mener à bien cette préparation et je tiens à le remercier. »

    Est-ce un sport qui coûte cher ?

    « C’est une discipline sportive qui nécessite un apport financier important mais grâce à certains soutiens qui me sponsorisent comme Roberto Cowan pour la salle de musculation, Big Supps Tahiti pour les compléments alimentaires, Karyl Peyrolle mon physiothérapeute, Aito sport pour les vêtements. Tous ces sponsors me permettent de continuer cette passion. Mais je tiens à préciser que ce n’est pas en claquant des doigts que l’on obtient des sponsors. Travaillez dur et vous serez récompensé tôt ou tard, pour moi c’était plutôt tard… »

    Quels conseils donnerais-tu aux jeunes ?

    « Soyez patient, allez étape par étape. Soyez motivé mais aussi déterminé. Ce qui vous permettra de réussir dans cette magnifique discipline. »

    Un dernier mot ?

    Pour finir j’aimerai adresser un grand mauuruuru aux personnes qui me soutiennent : Roberto gym, BST, Karyl Peyrolle, AITO sport, mes partenaires et amis. Et surtout ma petite famille qui est derrière moi à 200%! » Quand vous vous entourez des bonnes personnes vous ne pouvez qu’aller plus loin »

    Retrouvez les portraits de vos sportifs préférés sur www.sportstahiti.com.

    Delano Florh

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