• SportsTahiti MAG’ : Rencontre avec la vice-championne de France 2019 Hinarii Yiou-Halligan

    Vendredi 13 Mars 2020 – Née d’une mère pa’umotu et d’un père raromata’i avec des ancêtres d’origines néo-zélandaises et chinoises, Hinarii Yiou-Halligan, triple championne de stand-up paddle race de Polynésie (2014, 2015, 2018), se définit en quelques mots comme « une demie » riche d’un héritage ethnique à qui elle confère sa prédisposition de force physique et mentale.

    Hinarii a vécu toute son enfance aux Tuamotu. C’est sur les vagues de cet archipel, aux superbes lagons bordés de plages de sable blanc et de cocotiers, qu’elle a fait ses armes sur un longboard. Véritablement passionnée de glisse, elle s’est lancée dans les compétitions de stand-up paddle (SUP) race dès son arrivée à Tahiti et cumule les titres.

    Après s’être qualifiée en juin sur la Pornichet Paddle Trophy, la Tahitienne performe aux Championnats de France SUP 14’ à Cap d’Agde (France) en septembre. Elle a décroché deux belles médailles en master : une d’argent en Technical Race Open (7e au scratch) et une de bronze en Longue Distance Open (10e au scratch). Elle se classe parmi les 10 meilleures athlètes féminines de France.

    « Plus qu’un sport, le SUP est une passion qui a changé mon quotidien et ma manière de vivre »

    Autour d’une pause-café, SportsTahiti a saisi l’opportunité d’en savoir un peu plus sur cette jolie vahine :

    Qu’est-ce qui t’a attiré dans ce sport ?

    « Le contact authentique avec la nature est la première chose qui m’a attiré. Pouvoir faire du sport dans un environnement encore préservé avec un climat tropical, tel que celui du fenua, est une véritable chance. Comme s’y entraîner toute l’année contrairement à des milieux tempérés où les changements de saison et les contraintes de température conditionnent les entraînements.
    Puis, le SUP Race est un sport complet puisqu’il stimule les abdominaux, les dorsaux ainsi que les cuisses. Il vous fait aussi travailler le gainage du corps et le cardio. Au fil des années, la discipline, facile d’apprentissage, est devenue de plus en plus populaire et accessible. Aujourd’hui, avec la multitude de marques sur le marché, s’équiper, à des prix très compétitifs et avec du matériel durable et performant, est à la portée de tous les portefeuilles. Incontestable activité sportive sociale, sa pratique en loisir rassemble facilement toute la famille ou encore un groupe d’amis ou de sympathisants.

    Qu’est-ce que cette discipline t’apporte ?

    « Un moment de quiétude totale après une journée de travail et une sensation de sérénité en écoutant la mer et en contemplant son infinie splendeur de nuances de bleu. Sur mon SUP, je retrouve cette superbe sensation de glisse que je ressentais auparavant sur mon longboard et dans les vagues, il y a toujours ce côté plutôt « fun » mêlé au rush d’adrénaline que tous les riders affectionnent. Comme toute pratique sportive, la discipline et une bonne hygiène de vie ont été incontournables pour le stand-up-paddle en compétition. Au fil des entraînements, j’ai appris à me connaître et j’ai pu développer mon mental pour dépasser mes capacités physiques. Ce savoir-être et cette connaissance de soi contribuent positivement à ma vie personnelle. Mon leitmotiv, dans le sport comme dans la vie : « Il n’y a pas de réussite sans progrès, pas de progrès sans confiance, pas d’objectif sans chemin. »

    Quelles sont les grandes lignes de ton parcours ?

    « En 2012, je me suis intéressée à la pratique du SUP Surf puis au SUP Race. En fin de saison 2014, après avoir décroché le titre de championne de Polynésie, j’ai été sélectionnée pour les championnats du monde ISA au Mexique en 2015 où, à Sayulita, j’ai réussi à me hisser dans le top 10 mondial. J’ai ensuite enchaîné avec d’autres courses en Californie telles que la Battle of the Paddle et la Paddle Pacific Games pour lesquelles je m’étais classée parmi les 3 premières dans ma catégorie. Se mesurer à l’élite internationale est réellement une expérience enrichissante et bénéfique à tous les niveaux. En 2015, j’ai conservé mon titre de championne de Polynésie, comme en 2018. Enfin, cette saison 2019, j’ai eu l’opportunité de m’aligner sur la Coupe de France à Pornichet en juin et me qualifier pour les Championnats de France 2019. Ainsi, en septembre dernier, à Cap d’Adge, une station balnéaire à Adge, dans l’Hérault (France), j’ai gagné la médaille d’argent pour la course technique et la bronze pour la course longue distance dans ma catégorie. Outre le titre de championne de Polynésie, celui de vice-championne de France est la plus haute distinction que j’ai reçue dans le stand-up-paddle race. »

    Quels sont tes objectifs pour la nouvelle saison ?

    « Des projets personnels commencent à prendre forme. Ils verront le jour d’ici peu, mais je ne peux pas en dévoiler plus pour le moment, c’est une surprise ! »

    Un conseil pour les jeunes, les vahine ou les débutants qui voudraient s’initier à ce sport ?

    « Equipez-vous et lancez-vous ! Contrairement à d’autres sports nautiques, le stand-up paddle s’apprend rapidement, en moins d’une heure pour se tenir debout en équilibre sur le SUP et à pagayer. Si la volonté est d’évoluer ensuite en compétition, je leur conseillerais d’adhérer à un club soucieux d’accompagner les ambitions de ses licenciés par un suivi, des conseils, un coaching ou encore des entraînements adaptés… et pourquoi pas me solliciter également ? Enfin, j’invite toutes les vahine qui voudraient s’initier à ce sport à se joindre à notre petite communauté de « SUPeuses » sur un format loisir et, pour les plus ambitieuses, sur la compétition. Plus on est, plus c’est fun ! »

    Un conseil pour les jeunes qui voudraient eux aussi se lancer à l’échelle internationale ?

    « Adhérer à un club affilié à la fédération locale me paraît obligatoire pour accompagner un athlète sur le circuit international (accréditation, couverture d’assurance RC sportive, etc.). En plus du côté administratif, le reste relève de la motivation personnelle qu’il faut constamment « cultiver » auprès d’une jeunesse impatiente afin d’assurer sa pérennité. Une pratique assidue assure la progression ; et une participation à toutes les courses locales est une mise en condition qui permettra à celle ou celui qui voudrait se lancer sur un schéma international, de rivaliser avec des compétiteurs, de juger son niveau et d’améliorer sa performance. Les courses nationales, telles que les Coupes et les Championnats de France, constituent un tremplin idéal pour acquérir de l’expérience, créer des liens dans le milieu et pouvoir comparer ses performances avant de s’aligner avec l’élite mondiale. »

    Des remerciements ?

    « Je remercie chaleureusement mes proches qui me soutiennent inconditionnellement depuis mes débuts : ma famille, ma belle-famille et, étant maman d’un petit garçon de 3 ans, plus particulièrement mon chéri qui adhère à mon planning d’entraînement exigeant car je conçois que ce n’est pas toujours évident. Ma reconnaissance s’adresse à Gisèle et Kimo de Overstims Tahiti pour leur disponibilité et leur coaching nutritionnel hors pair essentiel à ma performance de haut niveau mais encore à Monsieur Pierre-Yves Hocke et la SARL Fool Moon Water Sports pour leur confiance, collaboration et concours exceptionnel dans le cadre de la mise en œuvre de projets à venir. Ma gratitude s’étend à mon président Yannick Pinaud, de la Cigale Surf Club, pour sa participation à toutes mes courses en France cette saison et pour son partenariat dans de futures rencontres sportives. Merci également à tous mes amis du SUP qui partagent mes sessions d’entraînement et s’alignent aux compétitions sans oublier Jean-Claude Desanti et Thierry Tching pour m’avoir initiée et accompagnée dans cette passion à mes débuts. Enfin, un grand mauruuru à sportstahiti MAG pour cette interview qui m’a permis de m’exprimer sur ma passion pour le stand-up-paddle. »

    Retrouvez les portraits de vos sportifs préférés sur www.sportstahiti.com.

    DTB

    Rejoindre la discussion

    arrow
    Translate »