• SportsTahiti MAG’ : La sécurité en pêche profonde

    Vendredi 25 Juin 2021 – Dans le précédent numéro, nous avions consacré un dossier entier à la sécurité en pêche sous-marine. Sportstahiti mag vous propose de continuer ce focus sécurité et plus précisément sur la pêche profonde. Techniques, organisation, logistique et astuces… votre magazine sport préférée passe en revue ces différents aspects pour vous garantir un maximum de sécurité.

     

    La chasse profonde. Essai de définition

    Dell Lamartinière et Rahiti Buchin.

    En Méditerranée, la chasse sous-marine se pratique parfois à plus de 50 voir 60 mètres. Lors des mondiaux en Grèce en 2016, les meilleurs de la discipline ont sorti des prises à 54 voir 67 mètres. Steeve TETUANUI, membre de la sélection tahitienne, s’était hissé à la 6ième place mondiale en tirant un mérou à 45 mètres. Nous dirons que pêcher à plus de 20 mètres, c’est déjà pêcher profond car le courant, le manque de visibilité et l’absence de poisson peuvent rendre cette profondeur complexe d’autant plus que si on enchaîne 3 à 4 heures de pêche voire plus.

    L’utilisation d’une ceinture largable ou d’une gueuse est une évidence car il vous faudra minimiser les efforts à la descente au maximum et pouvoir remonter aisément. Si un chasseur expérimenté peut effectuer une ou quelques apnées profondes sans cela, il lui sera difficile et dangereux de le faire aisément sur plusieurs heures (en compétition par exemple). L’utilisation d’un de ces 2 dispositifs vous permettra de sécuriser au mieux vos apnées.

    En pêche profonde, toutes les techniques de pêche sont applicables (coulée, agachon…) mais il vaut mieux éviter l’indienne et la pêche à trous car elles sont énergivores.
    Nous dirons aussi que pêcher à plus de 25 mètres (aisément) relève d’un haut niveau physique et technique. La pêche profonde est une pratique à part entière et nécessite la prise en compte obligatoire de plusieurs paramètres cités ci-dessous.

    Un incontournable : la pêche en binôme

    Largement développé dans notre précédente édition, la pêche profonde ne peut se pratiquer sans binôme. De plus et particulièrement pour ce type de pêche, il est primordial de s’entraîner régulièrement avec le même partenaire afin de parfaire les automatismes et d’optimiser chaque apnée. Cela vous permettra aussi de connaître au mieux votre partenaire et d’anticiper tout problème possible.
    Une forme physique et mentale au top et des conditions météorologiques favorables
    Comme l’escalade ou tout autre sport extrême, la pêche sous-marine profonde requiert une forme physique et mentale parfaite. Il n’est pas concevable d’exciter son profondimètre si on a une hygiène de vie et une pratique sportive moyenne. À25 mètres, notre corps est soumis à une forte pression et l’engagement physique et le risque sont à leur maximum. Vous pouvez compléter votre entraînement physique par du footing, de la musculation, du vélo ou autre mais l’entraînement en mer reste le meilleur pour cette pratique car il vous permettra de vous familiariser à ce « monde » et au matériel.
    Les conditions météorologiques doivent être optimales aussi. La mauvaise visibilité, le courant, la houle et même la pluie constituent des difficultés supplémentaires au balisage et au suivi de son binôme dans son évolution sous l’eau.

    La préparation matérielle

    En adéquation avec la préparation physique, elle doit être parfaite. A plus de 25 mètres, tout est beaucoup plus compliqué et la moindre faille matérielle peut être synonyme d’accident. Il vous faudra vous entraîner au préalable dans des petites profondeurs pour vous familiariser à son utilisation spécifique.

    6 éléments sont primordiaux :

    1. La ceinture largable : elle doit être équipée d’une anse pour faciliter le crochetage et les plombs doivent être bien répartis et solidement calés afin de ne pas les perdre lorsqu’on la remonte du fond. Le système de fermeture doit être ergonomique. Généralement, on rajoute 1,5 à 2 kilos en plus.
    2. Les « bobinos » : système inventé par Salvatori (grand nom de la pêche profonde). Il s’agit d’une bouée en mousse évidée en son centre qui pourra contenir 40 mètres de nylon ou de cordes lestées qui se déroulera très rapidement une fois jetée à l’eau. Ce système permet un balisage et un rembobinage rapide.
    3. La gueuse : Si vous n’utilisez pas de ceinture largable, utilisez une gueuse. Il existe plusieurs types de gueuse possible. Vous pouvez seulement relier 4 à 6 kilos à une corde. Vous pouvez alors retirer vos plombs de la ceinture et ne garder que votre moulinet ceinture si vous en avez un. Rattachée à une bouée, elle vous permettra aussi de baliser et de faciliter votre suivi par votre binôme car la corde lui indiquera approximativement votre zone.
    4. Les palmes : minimiser ses efforts devient une obligation en pêche profonde. Pour que votre palmage soit efficace, le choix de vos voilures est primordial. Vous devez en trouver qui sont adaptées à votre morphologie, à votre palmage et qui vous permettent de vous dégager du fond efficacement.
    5. Masques : A plus de 25 mètres, la compensation deviendra de plus en plus difficile et il en sera de même pour équilibrer votre masque. Un masque à faible volume d’air est fortement recommandé.
    6. GPS /Sondeur : La précision de votre balisage sous-entend l’utilisation d’un GPS et d’un sondeur. Le premier vous permettra de disposer des cailloux, des lignes de profondeurs enregistrées sur votre carte maritime. Le 2ième vous permettra de sonder les fonds à la recherche de pierres ou de préciser la profondeur d’une zone de pêche. Ces 2 outils numériques vous feront gagner un temps précieux lors de vos prospections. Le capitaine peut aussi suivre l’évolution du pêcheur sur le sondeur.

    Optimiser ses apnées :

    Pour cela, il vous faut utiliser les techniques des apnéistes pour prendre un maximum d’air (respiration abdominale et thoracique, carpe…) et améliorer vos descentes (rentrer sa tête, tendre son corps…). Il vous faut aussi synchroniser au mieux votre équipe. Votre capitaine et votre binôme doit être capable d’utiliser à bon escient tout le matériel (gps, sondeur, bobinos…). Il est souvent utile aussi pour se préparer au mieux avant une apnée d’aider son coéquipier à se maintenir sur un point en le maintenant par la ceinture ou par les talons.

    Si vous réunissez tous ces paramètres, vous devriez faire de belles cueillettes dans les profondeurs grisantes de te moana uriuri. N’oubliez pas, dans 5 ou 35 mètres d’eau, aucun poisson ne vaut une vie….

    Le meilleur de la pêche sous marine sur www.sportstahiti.com.

    Rahiti BUCHIN

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