• SportsTahiti MAG’ : Karelle Poppke, la surfeuse de Papenoo à la conquête du monde

    Vendredi 24 Août 2018 – Elle a participé à un WQS 1000 en mai dernier et a terminé deuxième, c’était l’Ichinomiya Open à Chiba, au Japon, et ce n’est pas le seul bon résultat qu’elle a réalisé depuis le début de sa carrière. Elle a reçu en fait plus de titres locaux et internationaux que vous ne pourrez retenir. Karelle Poppke habite dans une petite maison proche de la mer dans la commune de Papenoo. Vous l’avez sans doute déjà compris, son truc, c’est le surf ! Même si elle excelle aussi en stand-up paddle et en kneeboard. Malgré son style puissant et fluide, la jeune tahitienne a du mal à dénicher les sponsors qui lui permettront de vivre de sa passion. Loin de se décourager, la surfeuse optimiste est sûre d’elle et a tout pour réussir. Nous avons rencontré pour vous la championne qui mériterait beaucoup plus d’attention.

    Comment t’es-tu mise au surf ?

    « À la base je n’étais pas partie pour être surfeuse je pense. J’ai fait plusieurs sports avant. Mais un jour, comme ça, pendant les vacances scolaires, la maman de Heifara Tahutini m’a prise avec elle pendant un jour. On est allées à la baie pour surfer. J’avais neuf ans. J’avais un grand boogie comme on en faisait à l’époque, il était assez long. Elle me faisait surfer debout sur le boogie. On a fait ça pendant quelques heures et j’ai tout de suite carrément aimé. J’ai aimé le feeling, le fait d’être debout, de voir tout le monde depuis l’eau. Quelques jours après seulement, j’en parlais sans arrêt à mes parents. Peu de temps après, on a commencé à acheter mes premières planches d’occasion. Vers mes onze ans je crois, j’ai eu ma première planche neuve et c’est là que j’ai commencé les compétitions locales. »

    Les résultats sont venus tout de suite ?

    « Oui, les résultats sont vite arrivés on va dire. Je n’ai pas été tout de suite première. Au début j’étais souvent quatrième, troisième, et mes résultats se sont améliorés petit à petit. Ensuite, vers l’âge de douze ans je crois, j’ai eu mon premier résultat à l’international. C’était en Australie, une compétition qui s’appelle « King Of The Groms ». C’est à ce moment là que j’ai su que j’aimais vraiment ce sport et que je voulais faire une carrière dans le surf. »

    Qu’est-ce que tu apprécies le plus dans ce sport ?

    « En premier lieu, c’est la mer. Quand je suis dans l’eau, je me sens libre. J’aime le fait aussi qu’on se fasse facilement des amis dans ce sport ici. Ce que j’aime dans le sport en lui-même, c’est la sensation que ça procure. Quand par exemple je réalise une grosse manœuvre, quand je la réussis je suis comblée ! »

    Quelles sont les conditions idéales pour toi ?

    « C’est un bon 1,5 m, 2 m maximum. C’est le plus gros que je puisse surfer sans que j’arrête de m’amuser. J’ai peut-être surfé un peu plus gros à Teahupo’o, mais en général ça reste cette taille-là. Je ne suis pas trop spécialisée dans les tubes. Je suis plus freestyle. Ce n’est pas que j’aime pas les tubes, mais en compétition, t’en fais pas souvent, donc ça ne sert pas vraiment, à part pour le fun. »

    « Ma plus belle vague c’était au Nicaragua »

    Tu te souviens de la meilleure vague de ta vie ?

    « Bien sûr ! C’était au Nicaragua en 2013 quand j’ai remporté le titre de vice-championne du monde. Pendant la compétition et même en freesurf, c’était vraiment le meilleur spot. Tout dépendait de la houle pour cette vague, mais en général c’est une gauche. Pendant toute la compétition, elle déroulait parfaitement. Même un débutant pouvait faire des manœuvres dessus. Elle était longue. Il y avait aussi une droite. C’est là où l’on s’entraînait. »

    Quel est ton top 3 des meilleurs surfeurs de tous les temps ?

    « Il y a Gabriel Medina parce qu’il est goofy. C’est plus facile d’apprendre quand le surfeur a la même position. Il est polyvalent, il est fort aussi bien dans les tubes que dans les manœuvres. Il a un super niveau pour un jeune. Après, il y a Owen Wright, j’aime bien son backside, il est puissant. Enfin, Michel Bourez, pour sa puissance, c’est hallucinant. Je regarde tous les trois surfer et je pioche un peu dans le style de chacun. »

    Raconte-nous une journée type pour toi…

    « Je me lève le matin tranquillement. Je me fais généralement un thé, avec un shaker Herbalife. Quand je me sens un peu faible, je prends des toasts. Vers 9 heures j’ai un encas protéiné pour tenir la journée. Au déjeuner, je mange, à 13 heures je vais à la salle. Je fais 1 h 30 à 2 heures de musculation, je fais aussi une heure de cardio. »

    Quel est ton plus beau souvenir sportif ?

    « C’est quand j’ai gagné ma première compétition WQS (World Qualifying Serie) au Japon. Cette compétition m’a fait passer à la centième place du classement provisoire WQS à ce moment-là. Il y a eu aussi la fois où j’ai terminé vice-championne du monde en 2013 au Nicaragua. C’est ce qui m’a poussée encore plus à faire d’autres résultats. »

    Que penses-tu de la place de la vahine dans le surf ?

    « Disons que maintenant, la place des femmes commence à prendre plus d’ampleur. Mais il y a toujours une grosse différence avec les hommes, que ce soit en termes de price money qu’en termes de choix de vagues. Généralement, on laisse les filles surfer dans des vagues moins belles que celles des hommes. C’est toujours les mecs d’abord. Au niveau du sponsoring, ça dépend comment tu es perçue. Moi par exemple, j’aurai toujours du mal à avoir des sponsors à cause de mon style. J’ai remarqué que les gens regardaient plus mon physique que ma capacité à évoluer. Je pense que c’est pour ça que j’ai du mal à avoir des sponsors. Mais je ne m’en plains pas. Je fais avec, et un jour viendra. »

    Quels sont tes prochains objectifs ?

    « Je vais faire un maximum de compétitions à l’international. Ici j’ai déjà fait mes preuves. Je verrai mon classement à la fin de l’année. Dans mes projets, j’ai l’Europe, l’Angleterre, la France, et si j’arrive à entrer dans les QS 6000 j’ai le Portugal et le Maroc. Il faut que je me classe dans les 100 premières pour y accéder. »

    Tu fais de la musculation maintenant, on a remarqué que tu avais beaucoup perdu de poids. Qu’est-ce que ça a changé pour toi ?

    « Ça m’a beaucoup aidée au niveau de mon physique. J’ai plus de rapidité, d’explosivité et de puissance. Même au niveau de la nutrition. Quand tu te regardes porter devant le miroir, tu te dis qu’il faut que tu perdes du poids. La muscu, ça aide à comprendre le fonctionnement des muscles dans le corps. Si je n’arrive pas à percer dans le surf, je pourrais me mettre au bodybuilding. »


    • Date de naissance : 31 mai 1997
    • Âge : 21 ans
    • Taille : 1,72 m
    • Poids : 64 kg
    • Signe astrologique : Gémeaux
    • Qualités : “Gentille, persévérante et j’ai un mental d’acier”
    • Défauts : “Je n’aime pas perdre, la jalousie et c’est tout je pense…”
    • Ses plats préférés : “’Uru punu puatoro, poisson cru et gratin de patates douces”
    • Son modèle : Igor Léontieff
    • Sa citation pour réussir : “Faire ce que tu aimes et ne rien lâcher”
    • Son conseil pour réussir dans la carrière de sportif : “La même chose, faire ce que tu aimes et ne rien lâcher”

    Ça représente quoi pour toi d’être soutenue par Air Tahiti Nui ?

    « C’est un privilège, un honneur de pouvoir représenter la Polynésie française grâce à Air Tahiti Nui. Sans eux, je pense que je serais encore à Tahiti. Quand tu voyages avec ATN, tout le monde vient te parler. Ils demandent conseil, ils veulent savoir ce que ça fait de voyager avec la compagnie. C’est une vraie responsabilité. Il faut avoir du tact et bien représenter la destination. »

    Comment as-tu fait pour te faire sponsoriser ?

    « Tout a commencé quand j’ai gagné ma première compétition en Australie, au King Of The Groms. J’ai fait un press-book, je l’ai déposé et une semaine après ils ont décidé de me sponsoriser. Depuis cette date jusqu’à aujourd’hui, ils me suivent toujours. Ça doit faire 8 ans qu’ils m’aident avec des petits contrats. »

    Quelles sont les qualités d’une bonne « ambassadrice » ATN ?

    « Être gentille, simple et très souriante déjà pour avoir un bon feeling. Ensuite, il faut apprendre à communiquer pour Air Tahiti Nui en mettant en avant notre compagnie aérienne qui soutient les sportifs. Il faut essayer de donner envie aux gens de prendre ATN pour découvrir Tahiti. »

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    David C.

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