SportsTahiti MAG ‘ : Hura Tapairu 2018, ouvrir la porte à la créativité

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Vendredi 23 Novembre 2018 – Du 21 novembre au 1er décembre, la scène du grand théâtre de la Maison de la culture vibrera au rythme du 14ème Hura Tapairu. Si les débuts du concours en 2004 ont été très timides, le Hura Tapairu s’est imposé au fil des années comme un rendez-vous incontournable pour les groupes, et les amoureux de ‘ori tahiti. Cette année quarante troupes de danse sont attendus sur scène. Vaiana Giraud, chargé de communication au Te fare tauhiti nui, revient pour nous sur l’essence même de ce concours.


Cette année, c’est la 14ème édition du Hura Tapairu. Est-ce-que l’on peut dire que cet événement est devenu incontournable dans le paysage culturel polynésien ?

« Effectivement, on peut dire que cet événement est devenu très important. Le concours est né en 2004 avec huit groupes, et il s’est tenu sur seulement une semaine. L’année suivante le Hura Tapairu ne n’est pas tenu faute de candidat. Mais depuis 2006 et la deuxième édition on note un succès croissant. On est aujourd’hui entre 35 et 40 groupes inscrits pour chaque édition, sur deux semaines de concours avec en tout entre six et huit soirées de spectacles. Et l’engouement vient aussi bien des groupes qu’au niveau du public parce que les places se vendent très vite. »

Par rapport au Heiva qui est le rendez-vous incontournable pour les amoureux du ‘ori tahiti, qu’est-ce-que le Hura Tapairu apporte de plus et comment il se démarque ?

« D’abord c’est son objectif. Au départ, le Hura Tapairu a été crée pour proposer autre chose que le Heiva qui reste le garant de la tradition. Au Heiva on est sur des pas, des structures de danses, et de chants qui sont vraiment issues de la tradition. Au Hura Tapairu, il ne s’agit pas de faire en dehors de la tradition, ça reste un concours de danse traditionnelle, mais l’idée était d’ouvrir la créativité et de ne pas imposer par exemple des formes rigides comme les « pa’oa hivinau », ou encore de ne pas imposer de type de thème. »

“On a vu beaucoup de chefs de groupe, de ‘orero, et d’auteur “naître” au Hura Tapairu”

Est-ce-qu’on peut dire que le Hura Tapairu est un laboratoire pour les chefs de groupe qui veulent essayer de nouvelles choses ?

« Oui on le ressent beaucoup comme ça. Parce qu’on voit les groupes expérimenter beaucoup de choses au travers du Hura Tapairu. Ils ne se privent vraiment pas de mettre en scène tout ce qu’ils ont derrière la tête, que ça soit au niveau des costumes, des thèmes. On a d’ailleurs quelque fois des thèmes qui sont complètement abstrait. Des thèmes très fort de société et qui peuvent s’exprimer dans ce cadre là. Et puis, on a vu aussi beaucoup de chefs de groupe, de ‘orero, et d’auteur “naître” au Hura Tapairu comme si il venait se tester, avant de s’attaquer au Heiva. Ils se servent en fait de cette expérience de gérer un groupe plus petit, de gérer un thème, un spectacle plus court et donc c’est apparement une bonne préparation. »

Tu parlais de révélation au Hura Tapairu. Des groupes comme Hei Tahiti, Hei Rurutu, Manohiva se sont d’abord fait connaître sur la scène du grand théâtre de la Maison de la culture…

« Effectivement, on a eu beaucoup de chef de groupe qui se sont servi du Hura Tapairu comme un tremplin. Mais on constate aussi l’inverse, ce qui nous fait penser que le Hura Tapairu est le parfait complément au Heiva. On voit aussi que les “grands groupes” du Heiva, et qu’on a l’habitude de retrouver sur To’ata ont aussi ce désir de venir au Hura Tapairu parce qu’ils ont ce désir d’exprimer autre chose. C’est le cas par exemple de Tamariki Poerani ou de Temaeva. Et puis, on se rend compte aussi que parmi ces groupes ce sont les éléments les plus jeunes de la troupe qui viennent se présenter, et pas forcément les personnalités emblématiques de ces groupes. »

Est-ce-que tu as un souvenir, un spectacle marquant des 13 dernières éditions ?

« C’est compliqué parce qu’il y en tellement. Je pense que l’un des souvenir les plus marquant c’était la première édition en 2004 avec Temaeva. Je revois encore leur finale, et c’était très différent de ce qui se fait aujourd’hui, et en même temps c’était d’une grande simplicité, et très beau. Et après, il y a tellement de beaux souvenirs de costumes éblouissants, de belles chorégraphies, et chaque année il y a de belles surprises. On a aussi introduit au fil des années des nouveautés, comme les concours de ‘ōte’a ‘āpipiti et de ‘aparima ‘āpipiti ou encore le pahu nui pour les musiciens. »

Qu’est-ce-que l’on peut souhaiter pour le Hura Tapairu ?

« Encore d’innombrable édition, et de beau spectacle à venir. »


Un concours pour les groupes étrangers, le Hura Tapairu Manihini

Une nouveauté pour cette 14ème édition. La Maison de la culture lance le Hura Tapairu Manihini, destiné aux groupes de ‘ori tahiti de l’étranger. “Ca fait plusieurs années que l’on essaye de lancer ce concept. Mais on avait du mal à faire arriver l’information jusqu’au groupe mais on a aujourd’hui un bon réseau et ça fait un an que l’on discute avec eux” a indiqué Vaiana Giraud. Ces groupes, principalement amérciains et mexicains, seront ainsi au programme des soirées du Hura Tapairu, et seront aussi confronté au jury du concours. “Beaucoup de travail donc pour notre jury cette année” s’est réjouie Vaiana Giraud.


Le palmarès du Hura Tapairu 2017

Prix Hura Tapairu :
1er : TAMARIKI POERANI de Makau Foster
2ème : HEI TAHITI de Tiare Trompette
3ème : HEI TOA NUI de Heirani Salmon

Prix Mehura :
1er : HEI TAHITI MEHURA de Tiare Trompette
2ème : TAHITI ORA de Tumata Robinson
3ème : HANA de Enda Tanseau
4ème : MANAHERE de Poehere Roomataaroa

‘ōte’a ‘āpipiti : TAMARIKI POERANI – Rainui Rimaono et Manea Kouakou
‘aparima ‘āpipiti : MARO’URA – Manavarii Ravetupu et Maimiti Florentin


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Heimata Teiho

l'auteurPN

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