• SportsTahiti MAG’ : Hira Teriinatoofa, de Taharu’u à l’Equipe de France

    Vendredi 30 octobre 2020 – Après une belle carrière de surfeur professionnel, Hira Teriinatoofa, quarante ans, se plaît aujourd’hui dans son nouveau rôle de coach. Le double champion du monde ISA a notamment intégré l’année dernière le staff de l’équipe de France dans le but de préparer les prochains Jeux olympiques de Tokyo en 2021, où le surf fera son entrée. Rencontre avec le coach Hira.

    Hira, tu es originaire de Papara. Tu étais donc obligé de passer par le surf…

    « J’ai commencé très jeune, je suis quasiment né dedans. J’ai appris dans la rivière à Taharu’u avec mes parents, mes oncles. Je me mettais à quatre pattes sur la planche, mon père me poussait dans la mousse et mes oncles étaient placés tout le long de la rivière pour me rattraper au cas où je tombais. On habitait près de la mer, j’en faisais pratiquement tous les jours. Quand ma grand-mère sortait pour pêcher, je l’accompagnais et, à côté, j’en profitais pour surfer. Et ma première compétition est arrivée très tôt aussi : j’avais neuf ans. C’est mon oncle, Christophe Holozet, qui m’a demandé de me lancer. J’ai essayé et ça m’a plu. »

    Cela t’a tellement plu que tu es devenu par la suite double champion du monde ISA…

    « Oui, j’ai gagné les titres en 2004 et 2010. La première fois en Équateur et la deuxième fois au Pérou. Il faut croire que l’Amérique du Sud me porte chance (rires). J’en garde évidemment de très bons souvenirs. »

    Son style de surf assez particulier a séduit le manager de l’équipe de France, Patrick Florès. (© WSL / ROLLAND)

    As-tu des regrets de n’avoir jamais réussi à monter sur le CT ?

    « Non pas vraiment. Je n’ai pas réussi à monter jusque-là mais j’ai réussi faire autre chose à côté. »

    “Bronze, argent ou or, c’est une médaille olympique et pour moi, c’est la même chose”

    À l’image de Vetea David, Manoa Drollet, est-ce-que tu crois avoir servi de modèle et participé à l’émergence des Michel Bourez, Mihimana Braye, Kauli Vaast qui sont aujourd’hui des valeurs sûres du surf local et mondial ?

    « Évidemment, c’est quelque chose qui fait plaisir parce que eux le disent aujourd’hui. C’est cool. J’ai la chance maintenant de coacher et de m’occuper de l’élite du surf tahitien. Je coache Mihimana Braye, Kauli Vaast, O’Neill Massin, Vahine Fierro et beaucoup d’autres talents qui vont arriver derrière. »

    Le coaching, t’occuper de la jeune génération, c’est quelque chose que tu as toujours voulu faire ?

    « Je me suis intéressé au coaching petit à petit. Ce n’était pas quelque chose que j’avais en tête. Après une carrière professionnelle, j’avais planifié d’autres choses comme, par exemple, ouvrir un surf shop ou être guide pour la Polynésie. Devenir coach ne faisait pas partie de mes projets. Mais je me suis pris au jeu rapidement et, ce qui me plaît et qui me donne envie de continuer, c’est le partage que j’ai avec les jeunes. D’une certaine manière, je me revois un peu en eux. »

    Le coach Hira en stage avec l’équipe de France à Tahiti en février dernier. Il est entouré par Johanne Defay, Michel Bourez et Jérémy Florès, les surfeurs qualifiés pour les Jeux olympiques de Tokyo de 2021.

    “Le coach Hira est sévère quand il faut l’être”

    C’est quoi le style du coach Hira ?

    « (Rires) Il est sévère quand il faut l’être. Mais sinon je suis quand même assez souple. Je marche beaucoup plus à la pédagogie qu’à l’autorité. Par exemple, avec Vahine, il n’y pas grand-chose à faire. Elle écoute les consignes et dans l’eau, elle essaye de les appliquer. Elle a tout ce qu’il faut pour réussir et il n’y pas de raisons qu’elle n’aille pas gagner d’autres titres. »

    Tu as été choisi pour intégrer le staff de l’équipe de France de surf qui prépare les Jeux olympiques de Tokyo. Comment se sont noués les contacts ?

    « Je pense que ma manière de surfer, qui est un peu spéciale, a beaucoup marqué et impressionné Patrick Florès, le manager de l’équipe. Et puis, il y a aussi le fait que j’ai coaché Vahine Fierro l’année de son titre mondial en junior et, en même temps, je commençais aussi à travailler avec Kauli. Tous ces facteurs ont fait que j’ai obtenu cette place dans le staff. Je m’entends super bien avec Michel, Jérémy, Johanne (Defay). Tous ces jeunes et l’élite du surf français ont beaucoup parlé de moi. »

    Toute l’équipe était en stage de préparation olympique au fenua en février. Finalement, les JO ont été repoussés à 2021. Cela vous donne encore plus de temps pour travailler et pour être prêts…

    « Le but du stage avant tout, c’était de créer une vraie cohésion d’équipe, pour qu’il y ait du mana. D’où l’idée d’organiser ce stage à Tahiti. En plus, Michel et Jérémy habitent tous les deux ici, c’était plus facile de regrouper tout le monde. Et, oui, le report des JO nous donne du temps supplémentaire, c’est parfait. On a quasiment un an pour continuer à travailler. D’autres stages sont prévus prochainement. À ce sujet, je dois rencontrer la Fédération française de surf pour en discuter. Le but est d’organiser tous les stages de l’équipe de France ici, en Polynésie. »

    Les ambitions pour les JO ?

    « C’est de décrocher une médaille, et ils ont tous les capacités de le faire. Après, bronze, argent ou or, c’est une médaille olympique et, pour moi, c’est la même chose (rires). »

    Vos portraits préférés sont sur www.sportstahiti.com.

    Heimata Teiho

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