• SportsTahiti MAG’ : Georgy Adams, de Fariipiti à l’Equipe de France

    Jeudi 25 Janvier 2018 – S’il y a bien un tahitien qui a gravé les échelons du sport professionnel français et du basketball en particulier, on pense tout de suite à Georgy Adams. Né à Papeete le 9 mars 1967 et culminant à 1m95, sa réussite en métropole a fait la fierté de la Polynésie Française. En effet avec plusieurs titres de champion de France, plus de 75 sélections en équipe nationale, très peu de Polynésiens peuvent s’enorgueillir d’un tel palmarès si ce n’est Pascal et Marama Vaihirua en football. Sportstahiti est donc allé à la rencontre de ce monument du sport tahitien. Bien entendu, cela s’est fait à Aorai, non pas sur un terrain de basket mais près d’un cours de tennis, sa nouvelle passion.

     

    Georgy démarra sa carrière professionnelle à Tours puis passa par Antibes, Limoges, PSG, l’ASVEL, s’exila en Italie à Cantu et Messina. Après avoir raccroché ses baskets, il fut coach et directeur sportif de l’AS Monaco de 2005 à 2009. Après un long séjour loin de la Polynésie Française, Georgy Adams décida de rentrer au « fenua » tout d’abord en s’adonnant à la pêche. Avant de devenir conseiller technique territorial régional au sein de la Fédération Tahitienne de Basket Ball. Il entraina aussi son équipe de toujours Aorai avec qui il rechaussa les baskets pour un titre de champion de Tahiti et une coupe du Pacifique. Pas mal pour un joueur de 50 ans…

    Présentes-toi brièvement ?

    Georgy Adams, je suis le fils d’Etienne et Isabelle Adams. J’ai deux frères et une sœur. Je suis marié à Martine Adams. J’ai deux enfants.

    Ta carrière de basketteur ?

    J’ai commencé le basket à 5-6ans. Tout a commencé sur le terrain de basket des mormons qui était juste à côté de la maison. Etant à l’école saint-Paul, c’est tout naturellement que je me suis licencié à Aorai. Je me suis ensuite dirigé vers la métropole avec une première expérience sur Tours qui ne m’a pas plu car l’équipe de Tours s’entrainait trois fois par semaine quand moi, je voulais m’entrainer trois fois par jour. Je suis donc revenu sur Tahiti. Six mois plus tard, je partais pour Antibes où tout a commencé. J’ai été reçu par l’entraineur que je considère comme un père qui est Jean-Claude Bonato d’ailleurs son fils Yann qui a été l’un des meilleurs joueurs européens est comme un frère pour moi. J’ai fait ensuite plusieurs équipes comme Limoges, PSG, l’ASVEL…

    Quels sont tes meilleurs souvenirs mais aussi tes mauvais souvenirs de tes années basket ?

    Les plus mauvais souvenirs dans une carrière professionnelle sont bien entendu les blessures. D’ailleurs lorsque j’étais à Limoges, je venais juste d’être élu meilleur joueur français, mon genou et mes « croisés » me lâchent… Je suis au sommet de mon art, je suis dans une équipe très forte et le coup dur. Mais d’un autre côté, cela te remet les pieds sur terre. J’ai passé huit mois de rééducation et je suis revenu. Les défaites en finale aussi sont très dures à supporter, étant donné que je suis un très mauvais perdant. D’ailleurs ma famille en pâtissait… Pour les meilleurs se sont bien entendu les victoires, les titres et aussi lorsque j’ai été élu meilleur joueur français.

    Quels sont les rencontres qui t’ont le plus marqués durant ta carrière ?

    S’il y a bien un rencontre qui m’a marqué, c’est le match contre la dream team avant les jeux Olympiques de 1992. Tu joues contre tes idoles qui étaient à l’époque Magic Johnson et Larry Bird. Et j’ai donc aussi jouer contre le phénomène Michael Jordan. Je me suis d’ailleurs préparé comme un dingue pour cette rencontre. C’est un souvenir indélébile. Nous étions tous sur un nuage d’avoir pu jouer contre cette équipe. Il y a aussi une incroyable victoire contre Barcelone alors que je jouais à ASVEL. Nous étions mené de 11 points à 1 minutes 20 de la fin de la prolongation et on gagne d’un point. C’était un match émotionnellement fort car nous jouions devant 17 000 spectateurs, dont mon père qui est parti quelques temps après.

    Quel est ton regard sur le basketball aujourd’hui au niveau local ?

    Nous essayons de structurer du mieux possible la fédération tahitienne de basket. Je suis d’ailleurs là pour ça en tant que cadre technique. Nous mettons aussi beaucoup l’accent sur les écoles qui sont là base de tout. Il y a aussi une très bonne génération de joueurs et une bonne sélection. Par contre, chez les filles, il y a une génération « dorée » qui arrive à sa fin. Ca va être un coup dur pour le basket féminin. Cependant, les sœurs Richmond peuvent relever le défi et reprendre le flambeau. C’est aussi aux parents de ne pas hésiter à envoyer leur enfant dans les filières sports-études.

    Comment fait-on pour être un grand champion comme toi ?

    Il y a le rêve tout d’abord et ensuite tout mettre en œuvre pour y arriver. Il faut croire en soi et en son étoile. Il faut gravir les échelons petit à petit. Après, il faut s’entrainer, beaucoup s’entrainer. Il faudra passer des heures à enfiler le ballon dans le panier… Il ne faut pas aussi oublier de rester humble car lorsque l’on est professionnel, on devient pour ainsi dire une star avec toutes les complications que cela engendre. Après, je ne suis pas un extraterrestre, je suis issue d’un quartier de Fariipiti qui a réussi. Tout le monde peut donc y arriver. Mais il faudra beaucoup de travail…

    Comment as-tu vécu ce retour à Aorai, là où tout a commencé ?

    Je l’ai vécu avec beaucoup de simplicité. Avec l’expérience que j’ai, je savais à quoi m’attendre et surtout à quel niveau je pouvais apporter quelque chose à mon équipe. Et gagner un titre de nouveau à 50 ans était quelque chose de génial. J’ai pour ainsi dire bouclé la boucle…

    Un dernier mot ?

    J’ai passé plus de 30 ans de ma vie hors de Polynésie. Je suis revenu dans le pays que j’aime plus que tout au monde. J’ai pu voir tous ces jeunes désœuvrés qui sombrent dans l’alcool et la drogue. La dernière chose à faire est de les laisser tomber. Il faut donc les encadrer, mais pour les encadrer il faut des moyens. Il faut des personnes qui soient formées. Et c’est à nous, entraineur, éducateurs, dirigeants, politique… de tout faire pour que ces jeunes s’en sortent.


    L’anecdote :
    Lors du match Dream Team-France en match de préparation de la sélection américaine avant les jeux Olympique de 1992. Georgy Adams a été non seulement le meilleur marqueur français mais était aussi le 2ème marqueur de tout le match derrière la star inter-planétaire Michael Jordan.


    Retrouvez le SportsTahiti MAG’ 3 sur ici.

    L’actualité sportive du Fenua c’est sur www.sportstahiti.com.

    Delano Florh

    Rejoindre la discussion

    arrow
    Translate »