• SportsTahiti MAG’ « ATN Ambassador » – Raihere Dudes : « je me rapproche de mon but ultime »

    Dimanche 5 Mai 2019 – On l’appelle « The Islander » dans le milieu, autrement dit, « l’îlien » en anglais. Raihere Dudes est le Tahitien le mieux placé dans la course à la qualification à l’UFC, l’Ultimate Fighting Championship. Une voie toute naturelle pour un Tahitien qui a baigné et grandi dans les sports de combat. Éduqué et entraîné par son père, un grand boxeur, l’athlète titille désormais l’élite mondiale du MMA. Ses débuts dans ce sport, son opinion sur les combats de rue, sa vision du MMA. « The Islander » répond à toutes nos questions.

    Où en es-tu dans ta carrière ?

    « On va dire que je me rapproche de plus en plus de mon but ultime, celui de me qualifier à l’UFC. Mes derniers combats ont été très positifs puisque je suis sur cinq victoires consécutives avec un « finish » au premier round, ce qui est assez rapide. Ça fait de plus en plus parler de moi aux Etats Unis. Grâce à ces résultats, j’ai été approché par quelques personnes. Je ne vais pas trop en parler pour l’instant, mais en tout cas je pense que si je continue comme ça je pourrai enfin me qualifier pour l’UFC ou le Bellator (la deuxième plus grande organisation d’ultimate fighting aux Etats Unis ndlr). »

    Tu baignes dans le sport de combat depuis que tu es tout jeune…

    « Je suis né à Papeete, mais j’ai grandi de l’autre coté de l’île, à Faaone. Petit, j’habitais chez ma grand mère à Punaauia, et chez mes parents à Faaone. Mon père pratiquait beaucoup la boxe. À l’époque ma grand mère vivait avec un champion de boxe, John Pastor. Il était Golden Glovex aux Etats Unis. Il a un petit peu entraîné mon père. Ce dernier s’est ensuite pris de passion pour la boxe anglaise. Il a eu l’opportunité de poursuivre une grande carrière aux États-Unis, mais ma grand mère n’a pas voulu. C’était son seul fils, elle n’a donc pas donné son autorisation pour qu’il combatte à l’étranger. C’est ce qui a coupé court à sa carrière de boxeur. Du coup, il m’a entrainé à la boxe jeune. À l’âge de huit ans, je me souviens m’entrainer avec lui dans le garage. »

    Tu as pris sa relève alors…

    « Oui j’ai pris un bout de son rêve et j’ai essayé de faire ce qu’il n’a jamais pu, percer aux Etats-Unis. Lui, en tout cas, m’a toujours encouragé à aller dans ce sens là. »

    Quand est-ce que ça a vraiment commencé pour toi le MMA ?

    « J’ai commencé avec la boxe. Ensuite, j’ai rapidement fait des combats amateurs. Mais j’ai toujours senti qu’il manquait quelque chose. Je voulais faire usage de toutes les possibilités dans un combat, pas seulement me servir de mes poings. C’est comme ça que je me suis orienté vers le Muay Thai, j’en ai fait 8 ans et j’ai eu cinq titres de champion de Polynésie. Après ça je suis passé au MMA. Je trouve que le MMA est l’aboutissement des sports de combat. Tous les arts sont représentés. Les athlètes qui sont spécialisés dans un art martial s’affrontent pour voir lequel est le plus efficace. »

    Qu’est-ce qui te plaît dans le MMA ?

    « Je dirais que ce qui me plait dans ce sport, c’est la stratégie. Je dis toujours que le MMA c’est comme les échecs. Il ne faut pas se battre avec violence, il faut garder son calme et réfléchir pour choisir la meilleure technique à utiliser à un moment donné. C’est tout le contraire de ce que les gens pensent. J’ai des amis qui pratiquent le MMA assidûment et qui sont plutôt intellectuels. J’en ai même qui sont professeurs de mathématiques à Harvard. Ce qui leur plaît, c’est l’aspect stratégique de ce sport. »

    Que penses-tu du sport de combat en Polynésie ?

    « Je pense qu’au fenua, il n’y a pas assez de structures pour les sports de combat. On ne nous donne pas les moyens d’évoluer. Moi j’essaie de me débrouiller, mais tout le monde n’a pas la motivation, ou l’argent pour ouvrir un club. Etre là du matin au soir et au final juste payer un loyer. Si le Pays encourageait plus ces gens là, la situation s’améliorerait. C’est dommage, d’autant plus qu’il y a un gros vivier en Polynésie. »

    Que penses-tu des jeunes qui se battent dans la rue ?

    « J’ai plusieurs anecdotes désagréables à propos de ça. Ça m’est arrivé, en revenant d’un combat à l’étranger, de vouloir aller danser au kikiriri avec ma copine de me faire embêter par deux ou trois gars. Ils voulaient me provoquer parce que je suis « champion de MMA ». Je pense que c’est plus une question d’éducation. Ce sont les parents de ces jeunes là, qui laissent leurs enfants traîner au bord de la route à l’âge de cinq ans. Ça me sidère. En plus ça donne une mauvaise image des sports de combat. Ça va à l’encontre du message que l’on souhaite faire passer. Pour améliorer la situation, il faudrait plus d’endroits qui occupent les jeunes : des terrains de beach soccer, de foot, des barres de street workout… Moi par exemple je suis content d’accueillir 90 jeunes dans ma salle. Lorsqu’ils s’entraînent avec moi, je sais qu’ils occupent leur temps mieux que si ils étaient dans la rue. »

    Quels sont tes objectifs cette année ?

    « J’ai encore quelques combats de prévus. J’en ai trois. Et L’objectif final, c’est d’intégrer l’UFC. Je me donne entre un an et un an et demi. Je combattrai contre des compétiteurs qui sont dans ma situation, qui souhaitent intégrer aussi l’UFC. Du coup, le niveau va monter d’un cran. D’après mes estimations, si je gagne encore trois ou quatre combats contre des adversaires de ce niveau, je pourrai combattre à l’UFC ou à Bellator. »


    ATN Ambassador :

    Cela représente quoi pour toi d’être Ambassadeur ATN ?

    « Etre Ambassadeur ATN représente un honneur et un privilège pour moi surtout dans cette période de forte concurrence que connaît notre compagnie. Ils nous appartient de donner une image positive de notre compagnie et de notre pays. Sur le plan sportif, être Ambassadeur me permet de combattre et de m’entraîner à l’étranger, et ainsi d’évoluer dans ma carrière pour atteindre mon objectif ultime, intégrer l’UFC. »

    Comment as-tu fait pour devenir ambassadeur ?

    « J’ai fait mes preuves sur le terrain en remportant plusieurs combats aux Etats-Unis et aussi une ceinture americaine. Après avoir obtenus ses résultats, la compagnie a accepté de me soutenir et me suivre dans ma carrière sportive. Heureusement, qu’ils sont là, sans ATN rien ne serait possible pour nous qui sommes à Tahiti. »

    Quelles sont les qualités pour être un bon ambassadeur ?

    « Déjà il faut avoir un comportement irréprochable que ce soit sur le fenua mais aussi à l’étranger. On se doit de mettre en avant la compagnie sur les reseaux sociaux, dans la vie de tous les jours mais aussi de véhiculer les valeurs qui caractérise le bon polynésien. »


    Nom : Dudes
    Prénom : Raihere
    Poids : 75 hors saison, 71 et 66 en compétition
    Catégories : lightweight et feather weight
    Taille : 1m81
    Age 27ans
    Ancienneté : 19 ans
    Palmarès :
    MMA Fight : 20 victoires, 3 défaites
    7 ceintures internationales (dont trois de rang mondial)
    Classement : top 50 au classement des Etats unis.


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    Boyo

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