• SportsTahiti MAG’ : Alizé Belrose au service du tennis de table polynésien

    Vendredi 5 Février 2020 – Alizé Belrose, double champion du Pacifique de tennis de table, occupe depuis fin 2016 le poste de cadre technique à la Fédération Tahitienne de Tennis de Table (FTTT). L’ancien champion met aujourd’hui toutes ses connaissances à disposition des jeunes pongistes pour former la future génération de champions.

    Tes débuts dans le tennis de table ?

    « En fait, j’ai commencé très tard pour le tennis de table. J’ai commencé à treize ans alors que l’âge idéal pour débuter, c’est entre 2 et 4 ans, si tu veux en tout cas être très fort. J’ai tapé mes premières balles au collège sur les tables qu’on avait dans la cours. Toutes les récrés, avec les potes, on sprintait sur les tables pour pouvoir jouer. On s’est inscrits à l’AS du collège de Punaauia. Lors d’une rencontre, on était opposés à Melveen Richmond qui a éclaté notre meilleur joueur. C’était la première fois que l’on jouait contre des personnes qui s’entraînaient en club, et ça nous a donné envie, du coup, de rejoindre un club. J’ai rejoint ensuite Roland Sam à Excelsior, puis je me suis licencié à PTT avec Vetea Mollon. Et à l’âge de quinze ans, j’ai gagné le championnat de Tahiti junior, et pleins d’autres titres en sénior aussi. »

    Tu as continué ta progression jusqu’à devenir double champion du Pacifique en 2011 et 2015. Et le plus impressionnant : en 2015, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, vous faites le grand chelem.

    « On avait Vetea Mollon, mon coach à PTT, qui s’occupait aussi de la sélection à l’époque. C’est lui qui nous a beaucoup monté la tête lors de la préparation. Ça nous a permis de battre les Calédoniens pour la première fois depuis quarante ans. En 2015, je me rappelle qu’on a gagné d’abord une médaille par équipe chez les femmes ; après, c’étaient les hommes. On a enchaîné avec les trois médailles d’or en double, et on a fini avec les simples dames et messieurs. C’était la folie. »

    Comment expliques-tu ta progression ?

    « Il y a déjà le fait de pouvoir voyager. J’ai fait mon premier voyage aux Fidji avec Roland Sam. Là-bas, on a rencontré des Australiens, des Néo-Zélandais qui jouent vraiment dans un autre style, alors qu’ici à Tahiti, on se prenait pour les maîtres du monde. Et là, on a vu qu’il y avait d’autres joueurs beaucoup plus forts que nous. J’ai réussi quand même à finir troisième du tournoi chez les moins de 15 ans. Ça m’a encore plus motivé à continuer et à progresser. Après ce tournoi, je suis sélectionné dans l’équipe d’Océanie et je participe aux championnats du monde moins de 15 ans au Portugal. Je crois que j’ai beaucoup progressé aussi parce que je jouais beaucoup aux échecs quand j’étais jeune. Au niveau de la stratégie et de la concentration en match, j’étais bien calé. Et puis je ne m’avoue jamais vaincu, même contre un joueur plus fort que moi, c’est l’une de mes principales qualités. »

    « Pouvoir transmettre ce que je sais faire, c’est génial »

    Est-ce-que tu as voulu te lancer dans une carrière de pongiste professionnel ?

    « Dès le début, quand j’ai commencé. Je voulais devenir champion du monde. J’ai arrêté d’y penser très tard. J’y ai pensé jusqu’à mes dix-neuf ans je crois. En fait comme, je l’ai dit, je crois que je peux toujours arriver à faire telle ou telle chose. Je ne baisse jamais les bras. »

    Tu as joué en métropole aussi ?

    « Oui. J’ai découvert une autre facette du tennis de table, une image plus décontractée et plus cool. Et puis, il y a aussi le fait de rencontrer des joueurs beaucoup plus forts que soi sur les tournois. J’ai fait énormément de tournois et, en 2013, j’ai gagné le championnat Midi-Pyrénées. J’ai réussi aussi à rentrer parmi les 1 000 meilleurs joueurs français, j’étais numéro 600. C’est vraiment un statut particulier. Quand tu arrives sur un tournoi, les gens savent qui tu es. »

    Quand as-tu rejoint la Fédération tahitienne de tennis de table ?

    « En fait, j’ai suivi ma femme qui souhaitait partir de métropole. Et moi, j’ai toujours eu le souhait d’aider ici également. J’ai donc cherché du travail à Tahiti, et Gérald Huioutu, président de la fédé, recherchait un cadre technique. J’ai donc pris le poste en décembre 2016. »

    Aujourd’hui tu t’occupes des jeunes et notamment du centre d’entraînement fédéral qui a vu le jour à la dernière rentrée scolaire. C’est ce qu’il fallait pour former l’élite du tennis de table ?

    « Ces jeunes font en tout plus de 20 heures d’entraînement par semaine, avec des entraînements le matin avant l’école, et en fin d’après midi après les cours. Le but, c’est évidemment de les rendre très forts. On exige évidemment un niveau très élevé pour rentrer dans le centre d’entraînement. Et je suis sûr que les joueurs que j’ai en ce moment auront largement le niveau pour les Jeux du Pacifique. Après, la question c’est : auront-ils le niveau pour devenir professionnels ? Ça, c’est à eux de le voir. Mais on a vraiment de super jeunes qui vont percer dans les prochaines années. »

    Le coach Alizé, il est comment ?

    « Je suis plutôt cool. Je considère que c’est à eux de faire les choses pour devenir forts. Par contre, j’exige qu’il y ait du respect pendant les entraînements. J’adore en tout cas entraîner et m’occuper des jeunes. Et le fait de pouvoir transmettre ce que je sais faire, c’est génial aussi. »

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    Heimata Teiho

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