• Portrait : Rencontre avec Steven Pierson, le « surfeur-juiteur »

    Steven Pierson n’est pas un surfeur comme les autres… Plusieurs fois champion de Tahiti, il a aussi marqué de son empreinte de nombreuses compétitions internationales. Discret et passionné, ce sportif a plus d’une corde à son arc. Amoureux des sports de combat, il décide un jour de se lancer dans le Jiu-jitsu où il fait également sensation. En plus, de s’investir pleinement dans ces deux sports, Steven Pierson entreprend aussi d’aider la nouvelle génération de surfeurs, du mieux qu’il peut. Rencontre avec Steven Pierson…

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    Parle-nous de ton année passée et de tes projets pour 2016.

    « L’année dernière, je n’ai pas vraiment fait de bons résultats sur les WQS (circuit de qualification du championnat du monde de surf) mais j’ai réussi à passer quelques tours dans les primes, ce qui m’a permis de me maintenir dans la qualification pour les primes de 2016. Donc cette année, je serai de nouveau sur les primes et je vais également me consacrer un peu plus aux compétitions locales car j’ai aussi des sponsors locaux. »

    « Pour 2016, il y a déjà un Championnat en cours ici en Polynésie, ensuite il y aura les WQS régionales à Hawaii. Les deux compétitions actuelles se déroulent à Rangiroa et à Papara. Ce sont des QS1000 où je vais tenter d’engranger des points. Ce sont des QS qui comptent pour le classement régional WSL à Hawaii. A savoir que Tahiti fait désormais partie de la région Hawaii dans la WSL (World Surf League). Ce Championnat me permettra aussi de gagner des points pour le classement internationale. Après cette compétition, j’enchaînerai avec les primes. »

    Quels sont tes projets à l’international ?

    « Le prochain devrait être la Quiksilver Pro Saquarema au mois de mai au Brésil. Mais pour le moment il n’y a rien de sûr car la compétition n’est pas encore confirmée. C’est une bonne vague où normalement je pourrais bien scorer car elle propose une bonne gauche. Je compte beaucoup sur cette compétition et j’espère vraiment qu’elle aura lieu. Ensuite, il devrait y avoir un WQS à Lower au Etats-Unis, là où il y a la WCT (World Championship Tour). Au départ, c’était censé être un prime mais ils ont finalement opté pour faire un QS3000, donc d’un niveau inférieur mais là encore ce n’est pas une compétition confirmée. Ensuite, il y a la Ballito Pro en juin-juillet en Afrique du Sud. Puis au mois de Juillet, je ferai l’US Open à Huntington aux Etats-Unis. »

    As-tu d’autres occupations en parallèle du surf en compétition ?

    « Oui. Il faut dire qu’il est difficile de gagner sa vie que du surf, d’autant plus que pour ma part j’ai perdu un de mes plus gros sponsors, un sponsor de vêtements. Heureusement, que notre compagnie aérienne locale continue de me soutenir et de croire en moi ainsi que d’autres sponsors tels que Teva Bonno pour les planches de surf ou encore une marque de lunette en France et bien d’autres encore. Donc en parallèle, j’ai créé mon école de surf. Pour les vacances par exemple il y aura un stage pour les petits. C’est une chance pour moi de faire ça car j’aime partager mon expérience, qui plus est aux plus jeunes. Mon école s’appelle Tahiti Nui Surf School. Elle est ouverte à tous à partir de 5 ans et sans limite d’âge. Nous proposons des ramassages et je donne les cours soit à la pointe Vénus, soit à Orofara ou Ahonu. Donc j’espère vraiment pouvoir gagner ma vie grâce à ma passion. »

    « J’ai également un autre projet qui serait d’entraîner les sélections de la Fédération de Surf. Cela se fera peut-être, je l’espère… En tout cas ce serait super et en total adéquation avec mon parcours. Cela sera aussi l’occasion de partager mon expérience de la compétition avec de jeunes surfeurs et ainsi faire avec eux du perfectionnement. »

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    Tu es un grand sportif mais également quelqu’un de très altruiste. D’où te vient ce caractère ?

    « J’ai toujours aimé « tauturu » les gens. Autrefois, je donnais des cours à Ariihoe, à David… Et puis j’étais capitaine de la sélection de Tahiti pour l’Equateur à l’âge de 22 ans. Aujourd’hui, j’en ai 31 et j’ai toujours aimé aider les jeunes. »

    « Il y a 3 ou 4 ans, j’ai aidé un petit de France qui était malade à venir à Tahiti en lui donnant un billet d’avion et c’est vraiment que du positif de pouvoir aider les autres. D’aider et de donner mon expérience. Je ne suis pas née dans une grande famille, je n’avais que ma maman pour m’aider dans les grandes compétitions et à l’époque elle n’avait pas trop les moyens. J’ai donc dû me débrouiller et par chance, j’ai eu des mains tendues et je leur suis extrêmement reconnaissant car par leurs gestes, ils m’ont poussé davantage dans ma passion et dans la réalisation de mon rêve. Aujourd’hui, j’essaye de faire de même pour les autres. »

    On te connaît également en tant que pratiquant du Jiu-jitsu, raconte-nous.

    « Cela fait un peu plus de deux ans que je pratique le Jiu-jitsu. J’avais commencé à Tahiti avec la Team Tam, un groupe de copains. Maintenant ce groupe s’est développé et on évolue davantage en club. Donc dans mon Rautirare Surf Club on retrouve une section de Jiu-jitsu. Je fais quelques compétitions. Pour ma part, j’ai toujours aimé les sports de combat. Autrefois, je faisais du Tae Kwon Do, de la boxe et puis maintenant c’est le Jiu-Jitsu. C’est surtout que j’aime le sport, j’aime la compétition. »

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    En effet, tu vas même jusqu’à enchaîner deux compétitions de deux disciplines différentes le même jour. Comment gères-tu cela ?

    « Ce matin j’ai fait le Championnat de Tahiti où j’ai réussi à passer mes deux séries et là j’ai réussi à gagner la compétition de Jiu-jitsu. C’est que du positif ! Je suis heureux comme ça. J’ai ma femme, mon bébé… Je vis simplement on va dire. Je ne m’embête pas à essayer d’être quelqu’un que je ne suis pas. Je fais ce que j’aime et si je suis heureux, c’est l’essentiel. »

    Quel message adresserais-tu aux jeunes qui souhaiteraient suivre le même parcours que toi?

    Premièrement, vous êtes les bienvenus dans mon école de surf. Et pour ceux qui n’ont pas les moyens de se payer des cours, je les encourage à participer aux compétitions fédérales. S’ils arrivent à percer, à être dans les 6 premiers, ils peuvent faire partie des présélections pour les Championnats du monde des jeunes. Moi, je serai là pour leur donner mon expérience. »

    « A tous les jeunes qui ne savent pas quoi faire ou qui sont en échec scolaire ou encore dans des situations familiales difficiles, venez faire du sport. Cela maintient la santé et entretient l’intellectuel. Venez dans le sport, c’est la bonne voie à suivre ! »

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