• Portrait – Raihere Dudes : Combattant et entraineur, une vie à 100 km/h !

    Raihere Dudes, 25 ans. Ce combattant polynésien de Mixed Martial Arts (MMA) est aussi l’entraineur du club Islander MMA à Punaauia. Il commence très tôt les sports de combat avec son père boxeur. D’abord en anglaise, il évolue ensuite peu à peu vers le pieds-poings. Karaté, taekwondo, lai-muoi, muay-thai… Il enchainera près de 40 combats locaux, remportant 37 (dont 15 k.o), et sera 4 fois champion de Polynésie au Aito Nui. Et c’est en 2012, avec son entraineur et ami James Morohi, que Raihere entrera pour la première fois dans une cage de MMA en Nouvelle-Zélande. Premier combat, première défaite par soumission. Mais c’est le déclic pour notre champion, et le début d’une très belle aventure ! SportsTahiti est allé à la rencontre de cet « Islander », qui en 4 ans est devenu un combattant craint, un entraineur respecté et maintenant un jeune promoteur d’évènements de combat !

    Raihere et son club Islander MMA.
    Raihere et son club Islander MMA.

    Ia ora na Raihere, tout d’abord peux tu nous présenter ton palmarès en MMA ?

    Mon parcours en MMA a commencé par une défaite en 2012 en Nouvelle-Zélande. Cela m’a beaucoup appris, et c’est là que j’ai décidé de me lancer à 100% dans ce sport ! Je suis parti 6 mois au Canada avec George St-Pierre pour me perfectionner, et c’est comme ça que tout a commencé.

    Depuis en combat MMA à l’étranger je suis à 12 victoires et 2 défaites. J’ai notamment remporté 4 titres. Une ceinture de champion d’Europe SFC en croatie. Une ceinture mondiale au World Martial Arts Series de Las Vegas. Et 2 ceintures américaines : Le Fury Fight Night et le World Fighting Alliance.

    Quel a été ton combat le plus difficile ?

    Il y a 2 combats qui m’ont vraiment marqué. Le premier par rapport aux coups que j’ai encaissé, c’était face au mexicain Gerardo « samourai » Abanza. Le mec était coriace. On est allé jusqu’à la décision et je m’en suis pris de belles. Je suis ressorti de la cage avec une pommette fissurée et la mâchoire déboitée. Il m’a fallu 3 semaines pour me remettre physiquement. Bon j’ai gagné le combat mais comme il disent aux USA c’était « tough » (sourire).

    Notre "Islander" face au "Samourai" mexicain.
    Notre « Islander » face au « Samourai » mexicain.

    Le second combat c’était pour la ceinture européenne du SFC, face à un biélorusse. Il n’a pas arrêté de me mettre au sol et de me « ground and pound » ! J’ai réussi à le mettre k.o sur une question de timing en fait. Il m’a saisi pour un « take down » et au bon moment j’ai placé un coup de genou au thorax qui lui a coupé la respiration au 2ème round. Heureusement parce que je partais perdant. J’avais déjà deux coupures et je saignais à blanc ! Ils me disaient que si je continuais de pisser le sang, ils arrêteraient le combat. Donc ça m’a motivé, et je l’ai terminé au bon moment ! C’était vraiment hot parce qu’il était très puissant.

    En parallèle de ta carrière de combattant tu as aussi créé ta propre salle ?

    Yes ! En fait depuis petit j’ai toujours rêvé de monter ma salle. Et en 2016, mon rêve s’est concrétisé grâce au soutien de mon associé Tuanua Degage. Cela va faire un an que la salle Islander MMA existe et c’est que du positif. Nous avons environ une centaine d’adhérents, mais ça tourne beaucoup. Certains passent juste pour la mode, d’autres arrêtent parce qu’ils trouvent ça trop hard au niveau physique. Bon pour l’instant ça va, on s’en sort avec une cinquantaine d’adhérents réguliers, et j’arrive à vivre de ma passion.

    Un coach qui a gagné le respect de ses troupes.
    Un coach qui a gagné le respect de ses troupes.

    Raihere, tu mènes une vie à 100km/heure. Comment tu fais pour tout gérer ?

    C’est vrai que ce n’est pas facile. En plus je viens d’être papa. Avec bébé qui ne fait pas encore ses nuits, c’est pas évident (sourire). Il faut gérer la vie de famille et c’est une nouvelle expérience. Mais j’essaie de trouver un équilibre entre les 8 à 10h par jours d’entrainement et ma carrière de combattant à l’étranger. C’est assez chaud mais bon quand tu es passionné, ça va ! Tu arrives à t’en sortir.

    Et du coup tu te lances dans un nouveau challenge, un évènement de Grappling Fight ?

    Ça aussi c’était un rêve de gosse (sourire)! J’ai toujours voulu faire ça et cette année on s’est dit pourquoi pas ? Mon club avait combattu lors d’une première soirée de pancrace en 2015 à l’OTAC, pour un bilan de 4 victoires et un match nul, donc c’était une bonne expérience. Et je me suis dit pourquoi pas organiser notre propre event ! On y va et on verra bien ce que ça va donner. Et voila. On se retrouve avec 15 combats locaux de haut niveau en pancrace (grappling fight) et kick-boxing pour ce samedi (10/12/2016). Franchement ce sera une belle carte !

    C’est pas trop difficile d’organiser un évènement comme ça ?

    Pour tout te dire, j’ai un combat MMA au Japon le 22 décembre et un autre combat aux USA le 7 janvier. Et je stress plus pour l’organisation du Tahiti Fighting Championship que pour mes combats ! (rires) Cela va faire trois mois que je prépare cet event, et il y a encore des choses à faire ! Le plus dur c’est vraiment tout le côté administratif, la paperasse officielle. Le côté que tu ne vois pas en tant que combattant !

    8h à 10h par jours d'entrainement en salle.
    8h à 10h par jour d’entrainement en salle pour Raihere Dudes.

    Le MMA fait toujours aussi peur à l’administration ?

    Les gens sont toujours un peu réticents lorsqu’on parle de MMA, c’est pour cela qu’on organise cet évènement en Grappling fight. En gros c’est du MMA sans frappes au sol. Et on a beaucoup de contraintes et de normes à respecter pour être en règle. Mais on tient bon et on va y arriver !

    Les combats vedettes de la soirée seront Tamahau Mc Comb et Teva Paulet ?

    Exacte ! Ils vont tous les deux affronter des gars d’un top niveau. Mais nous ne dévoilerons leurs identités que le soir du combat ! C’est une surprise (sourire). Tout ce que je peux dire c’est que ça va être méga ! Après je devais aussi combattre un étranger pour cet event, mais il ne pourra pas venir finalement. Bon ça m’arrange parce que rien que l’organisation c’est hard !

    Je voudrais profiter pour faire un gros remerciement à ma famille et ma compagne qui me supportent même quand je suis en mode « focus » sur mes combats!  (sourire) Tous mes amis aussi, la salle. Et surtout un grand maururu à mes sponsors, comme ATN qui me supporte énormément dans mes déplacements à l’étranger. Aito Sport et Sparkgreen au niveau des équipements et financier. Les 5 éléments pour tout le côté nutrition, et Vodafone pour mes communications. Grâce à eux je peux vivre ma passion et bien le faire. Merci encore.

    Enfin Raihere, quel est ton conseil au fighters du Fenua ?

    Le secret dans cette discipline c’est vraiment le mental ! Après ici c’est dur de vivre de sa passion et je n’ai pas peur de dire que le Territoire à du mal à suivre les sportifs du Fenua (hors Rame et Football). Pour tout ce qui est sports de combat, c’est vraiment le parcours du combattant pour faire ce qu’on aime et gagner notre vie ! On n’a pas le choix, il faut rester motivé et aller jusqu’au bout de nos rêves et de nos objectifs. Alors ne lâchez jamais rien, et vous verrez qu’un jour ou l’autre vous y arriverez !

    Retrouvez toutes les photos de l’interview dans la galerie :

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