• Portrait – Flore Hani : « Persévérez ! Fixez vous des objectifs et ne lâchez jamais l’affaire »

    Surnommée le « pitbull » par ses pairs, Flore Hani mesure 1,60m pour 60kg. Cette fan de la grande boxeuse Lucia Rijker commence les arts martiaux dès l’âge de 12 ans. Petite, elle était fascinée par les combats de Tyson ou encore Marvin Hagler. Elle commencera sérieusement une carrière de boxe anglaise à 25 ans tandis qu’elle vit aux Etats-Unis. Elle a tout de suite la volonté de monter au haut niveau, et rapidement affrontera de gros adversaires, comme des championnes du monde. Cela lui permettra notamment de remporter les « golden gloves » régionaux US avant de monter en Ligue Nationale. Elle remporte la médaille de bronze des championnats nationaux en -57 kg. De retour à Tahiti elle se lance dans nouvelle aventure, celle du Mixed Martial Arts. Zoom sur cette championne hyperactive, qui fait malheureusement encore figure d’exception en Polynésie !

    Ia ora na Flore, tu es une boxeuse à la base, qu’est ce qui t’as poussé vers le MMA ?

    « La boxe est mon premier grand amour, mais le problème c’est que professionnellement pour une femme cela ne rapporte pas d’argent. Donc, c’est pour cela que j’ai décidé de me réorienter vers le MMA. Parce que c’est un sport qui monte, et surtout qui rapporte de l’argent. C’est pour cela que depuis que je suis à Tahiti, j’en ai profité pour me diversifier en m’entraînant notamment avec Raihere Dudes chez les Islander MMA. »

    Flore et Raihere à l'entrainement.
    Flore et Raihere à l’entrainement.

    Pourquoi tu as choisi Raihere Dudes ?

    « Parce que c’est quelqu’un qui est vraiment sérieux dans ses entrainements. Il a une bonne mentalité, et cela m’a plu. C’est pour cela que j‘ai fait le pas de m’entrainer en MMA avec lui. Quand je suis arrivé à Tahiti, je me suis entrainée un peu avec Tafai Nena et Ah-Min en boxe. Ensuite aux pieds-poings j’étais avec Irvin de Fight System. En lutte je m’entraine avec le Wrestling Tahiti de David Proia et Daniel Ray. Et puis en MMA avec les Islander. »

    D’ailleurs tu enchaînes les compétitions, nous t’avons vu à la lutte en début de mois ?

    « Oui et franchement cette compétition de lutte était vraiment sympa. Je me suis prise au jeu. Au départ j’ai commencé la lutte vraiment pour ce que cela pouvait m’apporter en MMA. Et je suis contente parce que lors du trophée Ray, j’ai réussi à passer pas mal de techniques que l’on travaille à l’entrainement. Et ça fait plaisir, du coup je me vois vraiment continuer pour les Océanias en 2017. »

    Hani remporte la médaille d'or au wrestling tournament championship 2016.
    Flore remporte la médaille d’or au wrestling tournament championship 2016.

    Ensuite tu as enchaîné sur les tatamis du grappling fight ?

    « Oui. Malheureusement mon adversaire ne s’est pas présentée à la pesée. Donc Raihere m’a proposé un combat d’exhibition avec une fille de Islander MMA, mais qui faisait 15kg de plus que moi. Bon malgré la différence de poids, j’ai largement dominé le combat. Mon seul regret est de ne pas avoir pu utiliser ma lutte comme je l’aurais voulu dû à cette différence. Mais franchement c’était une bonne expérience, un beau combat, car techniquement on a vu de belles actions. Nous avons eu beaucoup de succès auprès du public, étant le seul combat féminin de la soirée. »

    Flore en casque rouge face à Naverua.
    Flore en casque rouge face à Naverua.

    Toi qui a pas mal d’expérience internationale, que penses tu du niveau des athlètes locaux ?

    « Je pense qu’il y a des très bons athlètes en Polynésie. Certains sont talentueux. Mais la plupart c’est vraiment parce qu’ils s’entraînent dur. Des athlètes comme Raihere par exemple. Et surtout, il ne cesse de s’améliorer parce qu’il fait l’effort de partir, et d’aller chercher la connaissance ailleurs. Par ce qu’ici il faut dire ce qui est, on est sur une île, donc cela limite beaucoup nos capacités d’échange. Et je pense que beaucoup d’entraineurs ne font pas l’effort de continuellement se perfectionner pour leurs athlètes. Et puis surtout il n’y a pas assez de moyens donnés aux athlètes et aux clubs pour leur permettre de partir. C’est vraiment dommage parce qu’il y a du potentiel. C’est mon avis. »

    Le monde du Fight est assez masculin, du coup qu’est ce qui fait ta force parmi tous ces hommes ?

    « Franchement je n’ai jamais eu de problèmes avec les garçons. Ils me chambrent un peu mais c’est toujours resté gentil. Je pense qu’ils sont très respectueux des filles à partir du moment ou ils voient tout notre investissement dans le sport, et le travail que l’on peut accomplir. Au contraire, ils m’encouragent et m’aident plutôt que l’inverse. »

    Ses compagnons d'entrainement la respecte.
    Ses compagnons d’entrainement la respecte.

    Parle nous un peu de ta semaine d’entrainement ?

    « Comme je travaille la journée, je suis obligé d’aménager mon planning en fonction. Le matin en général je me lève très tôt et je vais courir. Ou alors je suis un programme avec mon préparateur physique Dominique Adonon. Et le soir c’est plus de l’entraînement spécifique : Lundi c’est du strike, mardi du jiu-jitsu, le mercredi de la lutte, le jeudi du sparring en MMA, le vendredi encore du strike, et enfin le samedi re-lutte (sourire). Le dimanche je me calme et je vais surfer. »

    Quel est ton principal atout en tant que combattante ?

    « Je ne lâche rien sur un ring ! C’est pour ça qu’on me surnomme le « pitt-bull » ! (rires). »

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    Et le gros défaut que tu travailles ?

    « J’ai tendance à être trop bourrine. Quand je monte sur un ring j’ai envie de tout détruire. Et je travaille sur ça justement, moins foncer et être plus cérébrale et stratégique. »

    Tes objectifs en 2017 ?

    « Les Océnias de lutte. Ensuite faire un maximum de déplacements à l’étranger avec Raihere. Et actuellement avec mon agent on travaille sur des combats de MMA en Australie. En parallèle j’aimerais aussi passer boxeuse professionnelle. Et enfin comme je suis dans la police, j’aimerais représenter la Polynésie dans les compétitions internationales uniformes. »

    D’ailleurs Flore, tu as une particularité en tant que sportive, c’est que tu as un agent ?

    « Oui. C’est vrai que ce n’est pas commun, ni ici, ni en France. Il y a quasiment qu’aux USA qu’on voit ça. Mais franchement c’est indispensable. Quand tu commences à t’entrainer sérieusement et que tu planifies de t’exporter à l’international, en tant qu’athlète tu ne peux pas tout faire. Il faut déjà que tu t’entraines, que tu penses à ta préparation, à ton alimentation. Si en plus à côté tu as un travail et une famille, tu as trop de trucs à gérer. Et ce n’est pas à toi d’aller gérer des rendez-vous médias, de rechercher des sponsors, de planifier des combats. Moi c’est mon agent qui s’occupe de tout. Jusqu’à planifier mes rendez-vous médicaux, à gérer mes dossiers, et mon image. C’est un boulot énorme en back-office et c’est indispensable si on veut bien faire les choses en tant qu’athlète. Et j’espère que les gens vont avoir le déclic de bosser comme cela, pour pouvoir se focaliser sur ce qu’ils savent faire de mieux. Croyez moi cela change énormément de choses. »

    Flore et son agent Avaro Neagle.
    Flore et son agent Avaro Neagle.

    As tu des remerciements ?

    « Oui. En premier lieu justement, je souhaite remercier mon agent, Avaro Neagle pour tout le travail qu’elle fait. Ensuite Raihere et Irvin qui m’aident énormément et me font avancer. Mon préparateur physique Dominique Adonon. Et enfin tous les sponsors qui me soutiennent comme Vaima Sport, Dayly Juice, la dream team Tahiti de Kyani, mon masseur Michel de JAC Pacific Massage, et ma marque Sphère Tahiti. »

    Enfin Flore, quel est ton conseil aux fighters du Fenua ?

    « Persévérez ! Fixez vous des objectifs et ne lâchez jamais l’affaire. Ne vous découragez pas. Et surtout il faudrait que l’on se réunisse plus entre combattants des différentes salles pour faire des tests matchs… Pour qu’on puisse échanger, et ainsi tirer le niveau général vers le haut. Et enfin n’hésitez pas à partir si vous le pouvez. Déjà pour représenter Tahiti à l’International, et puis pouvoir se mesurer à des sportifs étrangers, parce que pour l’avoir fait, franchement ça change ta perception du jeu. »

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