• Pêche Sous Marine : La pêche à trous

    Vendredi 29 Août 2020 – C’est par un appel à la vigilance que commence cet article. Trois pêcheurs (1 sur Maupiti, 1 sur Punaauia et 1 sur Moorea) ont perdu la vie depuis le début de l’année. C’est beaucoup trop ! Pêchez efficacement en binôme pour un maximum de sécurité (Cf. article la pêche en binôme en toute sécurité SportsTahiti MAG). Aucun poisson ne vaut une vie…

    Technique de prédilection en Atlantique et en Méditerranée, la pêche à trous se pratique aussi dans nos eaux. ‘ī’ihi, Taea, ume… pratiquement tous les poissons se mettent à trous pour se reposer, se cacher… Sportstahiti mag vous propose de parfaire votre technique sur ce thème :

    La pêche à trous, c’est quoi ?

    Elle consiste à pêcher à l’orée d’un trou, d’une cavité ou d’une faille ou à s’y faufiler pour flécher des prises. Ces trous sont dans des lieux de vie pour ces poissons. Ils s’y reposent, s’y nourrissent où s’y cachent. L’avantage de ce type de pêche est que l’on maintient le poisson à l’intérieur ou a proximité et cela nous permet de sortir plusieurs prises sur un petit espace et parfois dans très peu d’eau. Cette technique requiert une bonne connaissance du biotope pour dénicher les prises et elle est difficile car les postures de tirs sont parfois rocambolesques. C’est une pêche qui est énergivore car il faut parfois tourner autour d’un trou pour avoir le meilleur champ de tir possible. Cela requiert une bonne condition physique. De plus, le « noir » qui y règne peut-être un facteur stressant aussi.

    Une bonne condition et une bonne aquacité est indispensable car il faut se mettre dans des positions inconfortables. ©toahine

    Quand et où pêcher à trous ? :

    Des espèces sédentaires se pêchent exclusivement à trous (leur habitat) ou à proximité comme les ‘āpa’i, ‘ī’ihi, tāea. D’autres s’y réfugie pour échapper aux prédateurs dont l’homme ou s’y reposer. C’est ainsi que vous pourrez sortir des nanue, ume, uhu, mū et même des ‘ō’eo. Pour faciliter la prise de ces derniers, il faut soit identifier des habitats qui leur sert de refuge (au récif, sur les tombants, dans les passes,…) soit les pousser à se réfugier en les faisant fuir à l’aide d’un bateau (comme le font très bien les pêcheurs de Tubuai) soit en tapant vigoureusement à la surface de l’eau pour les effrayer.

    Comment ?

    Discrétion, fluidité et réactivité sont les 3 maîtres mots pour pêcher efficacement à trous.

    Discrétion et fludité sont obligatoires à l’approche du trou qu’on abordera à 90 degrés ou par les côtés. L’approche de plein face peut être utile parfois pour bloquer le poisson à trous et éviter qu’il sorte (pa’ati, ume,…).Selon le poisson, on pourra regarder d’abord à l’intérieur puis y faire glisser son fusil.

    Il faudra être très réactif aussi. Si certaines prises ne bougent plus lorsqu’elles sont à l’intérieur d’un trou d’autres restent très mobiles. Vous disposerez souvent d’une très faible visibilité même avec une bonne lampe et il faudra distinguer le plus rapidement possible la prise convoitée (parmi d’autres espèces parfois) et trouver l’angle de tir le plus adéquat pour la déloger. Faites attention, souvent la flèche se bloque à l’intérieur et il faudra tenter de la décrocher durant la même apnée pour garantir de ne pas perdre la prise. D’autant que les puhi ne sont jamais vraiment loin… Si vous devez refaire une apnée pour extirper votre flèche, allez-y calmement et prenez le temps de comprendre pourquoi elle est bloquée plutôt que de tirer dessus à tout va. De plus, évaluez bien la chance de sortir la prise. Parfois, cela est impossible et vous ne feriez que blesser inutilement un poisson en plus de risquer d’y perdre une flèche. Pas de risque inutile.

    Prudence et vigilance sont de mise dans ce type de situation.

    Pour les ‘āpa’i et ‘ī’ihi par exemple, il est plus judicieux de se poster en face du trou pour les flécher à l’extérieur de leur habitat. En effet, une fois qu’ils sont à l’intérieur, ils sont beaucoup plus vivaces et leur petite taille leur permet de fuir dans d’autres cavités. En les maintenant à l’extérieur, vous augmenterez vos chances d’en avoir et vous bénéficierez d’une meilleure visibilité.

    Les paramètres essentiels

    Cette pêche se pratique essentiellement quand l’eau est claire.Si l’eau est déjà trouble, vous êtes déjà assuré d’avoir très peu de visibilité dans les trous et cela compliquera la tâche. Généralement on utilise des fusils avec des flèches de 90 à 130 cm maximum avec un ardillon court (pour éviter qu’il s’accroche trop facilement). Beaucoup de pêcheurs ne mettent qu’une seule longueur de nylon afin que la flèche ne parte pas trop à l’intérieur. On évite d’y fixer un moulinet car cela constitue une gêne parfois pour introduire son fusil dans un trous.

    L’utilisation d’une lampe est souvent nécessaire. Privilégiez les petites lampes faites spécialement pour une utilisation en journée (mention « daylight »). Munissez-vous aussi d’un déragueur ou d’une pince que vous utiliserez pour retirer vos flèches bloquées. Il vous suffira de pincer l’extrémité de la flèche et de la tournoyer de gauche à droite sans l’abîmer. Des couteaux de pêche sont parfois munis d’un déragueur.

    Comme pour toutes les autres pêches, pêcher en binôme et surveillez-vous mutuellement ! Aucun poisson ne vaut une vie !

    Les meilleurs conseils pour la pêche sous marine, c’est sur www.sportstahiti.com.

    Rahiti BUCHIN

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