• Football : Vaihei Samin, “Tout le monde est en train de me parler d’équipe de France »

    Vendredi 18 Septembre 2020 – Elle a le football dans le sang. Vaihei Samin, dix-huit ans, formée à l’AS Tefana, est aujourd’hui la digne héritière de son père Xavier, gardien de but emblématique du club de Faa’a. Partie très jeune en métropole pour intégrer un pôle espoir, elle a rejoint l’année dernière le club de Fleury 91, qui évolue en D1 féminine. Vaihei revient pour SportsTahiti sur son parcours et sur ses ambitions.

    Qu’est-ce-que tu retiens de ton passage au pôle espoir de Tours ?

    « Les débuts ont été difficiles. Je suis partie très jeune (à quinze ans) en France et ce n’était pas évident de gérer l’éloignement avec la famille. Mais après, j’ai trouvé des bons amis qui m’ont soutenue. Et puis, au pôle aussi on était très bien suivis, avec notamment une psychologue. C’est une expérience qui m’a forgée mentalement. »

    Lorsque tu as fini ta formation à Tours, tu as pu intégrer cette saison le club de Fleury 91 en région parisienne, qui évolue en D1 féminine. Tu as eu un aperçu du haut niveau…

    « J’ai surtout évolué avec les jeunes cette saison. Mais, oui, j’ai eu la chance de goûter au monde du foot professionnel. Cette saison avec les jeunes s’est plutôt bien passée pour moi. Quand je rentrerai en métropole, je vais m’entraîner avec le groupe professionnel. Ça sera le moment de montrer au staff j’ai vraiment ma place dans l’équipe. Mais, à côté du foot, je continue mes études en STAPS, dans le cas où ça ne passerait pas. J’ai eu des journées bien remplies cette année, entre mes entraînements avec le club, les entraînements avec les petits du club. »

    “Je vais m’entraîner avec le groupe professionnel. Ça sera le moment de montrer au staff que j’ai vraiment ma place dans l’équipe”

    Ton père, Xavier, était gardien de but. Et toi, tu évolues au poste de milieu de terrain…

    « J’ai joué à tous les postes quand j’ai commencé le foot. J’ai même été gardien de but. On m’a repositionnée ensuite arrière gauche, et avant-centre. Finalement, quand Pascal Vahirua est arrivé à Tefana, il m’a dit que j’étais faite pour être milieu de terrain, au poste de numéro 10. Et en sélection avec Stéphanie Spielmann, je joue sur les côtés. »

    Justement, avec la sélection, tu as disputé les Jeux du Pacifique l’année dernière aux Samoa. Que retiens-tu de cette expérience ?

    « C’était comme un rêve qui se réalisait pour moi. Quand j’étais petite, je voyais tout le temps mes parents partir à l’étranger pour participer aux Jeux du Pacifique avec la sélection de foot, ou pour des matchs de l’OFC. Et l’année dernière, c’était à mon tour de porter le maillot de l’équipe nationale. C’était magique et c’est une fierté, même si la compétition ne s’est pas très bien passée pour nous. Je suis fière de dire aussi que ma grand-mère, Leila Marmouyet est la seule à avoir ramené la médaille d’or des Jeux du Pacifique en Football avec la sélection de Tahiti. »

    Tes ambitions personnelles ?

    « Pour le moment, mon seul objectif est de rentrer dans le groupe pro à Fleury et de disputer des matchs de D1. Tout le monde est en train de me parler d’équipe de France, mais je n’en suis pas encore là. Une fois que je serai bien installée en D1, là, je me focaliserai sur d’autres objectifs. »

    Tu pourrais jouer la saison prochaine contre le PSG, l’Olympique Lyonnais et des joueuses du calibre d’Amandine Henry, d’Eugénie Le Sommer, d’Ada Hegerberg…

    « Avant je n’étais pas trop focalisée sur le foot féminin, parce que je jouais tout le temps avec des garçons donc je regardais surtout du foot masculin. Et c’est quand j’ai commencé à jouer contre des filles en France que je me suis intéressée au foot féminin. Du coup, aujourd’hui, ma joueuse préférée, c’est Amandine Henry. J’ai déjà eu l’occasion de la croiser lors des matchs Lyon-Fleury, elle est super accessible. »

    Xavier Samin : “Ça ouvre la porte à d’autres filles qui veulent accéder au haut niveau”

    Que penses-tu du parcours de ta fille ?

    « Avec sa maman, on est évidemment très fiers d’elle. Mais on n’oublie pas qu’au début, ça a été très, très, très dur. C’est notre seule fille et on a décidé de la laisser partir. La première année, pour elle, c’était vraiment l’année d’adaptation à la vie française, on ne parlait pas encore vraiment de football. Mais au pôle de Tours, elle a été très bien suivie. »

    C’est un choix qui s’est avéré payant ?

    « Pour le moment, elle est encore à la porte du monde professionnel. Mais le fait qu’elle va s’entraîner avec l’équipe première, cela veut dire que le coach de l’équipe à l’œil sur Vaihei. C’est à elle maintenant de bien se préparer pour ouvrir cette porte. »

    Tu as fait une belle carrière à Tefana et en sélection. Est-ce-que tu vis un peu une seconde carrière au travers de Vaihei ?

    « Oui, complètement. Elle a la chance aujourd’hui d’évoluer au plus haut niveau du football féminin. Mais cette chance-là, elle l’a provoquée aussi. Elle a fait beaucoup d’efforts et je pense qu’elle mérite sa place dans le groupe pro. La technique et l’intelligence de jeu, elle l’a déjà, et c’est positif. Maintenant, il faut qu’elle travaille au niveau de son physique. »

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    Heimata Teiho

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