• Boxe Thaï – Anna YON YUE CHONG : « Ce que je veux c’est monter sur le ring »

    Jeudi 31 Aout 2017 – C’est sous un préau d’école primaire, à la nuit tombée qu’on entend des coups dans un sac de boxe. Parmi les rares filles, Anna. Ne la faites pas courir, elle déteste ça, à part si c’est pour faire parti d’une sélection tahitienne pour les championnats du monde ou monter un club de muay thaï avec son amie Devaki.

    Ambitieuse et déterminée, bien que leur club de muay thai manque cruellement de moyen, sans tatami ou même sans ring, la jeune femme à la volonté de donner plus de visibilité voir faire décoller le sport de combat chez la gente féminine.

    Elle nous confie que au delà de cette discipline, le muay thai permet aussi une réalisation et un dépassement de soi, aussi bien physique que mental.

    Sportstahiti est allé à sa rencontre pour en savoir plus avant son voyage pour les Jeux d’Asie au Turkménistan.

    Peux tu te présenter s’il te plait ?

    Anna YON YUE CHONG, 28ans, combat dans la catégorie des moins de 63,5 kg

    Depuis quand pratiques tu le muay thai et pour avoir choisi cette discipline?

    J’ai commencé le muay thai quand j’étais à Paris lors de ma dernière année d’étude à Levallois-Perret. Je ne connaissais personne et je ne voulais pas traîner que avec des tahitiens, je ne voulais pas recréer Tahiti donc je me suis dite que j’allais m’intégrer a la ville de Levallois. J’ai pris la liste des clubs, j’ai fermé les yeux et j’ai pointé sur un club au hasard, c’était muay thai et je me suis dit, punaise le sport de racaille mais je vais essayer quand même et finalement j’ai adoré. J’étais tellement à fond que les coachs ont décidé de me faire monter la première année en m’envoyant en Hollande pour m’entraîner dans un club, quand je suis revenue, ils m’ont fait monter en kickboxing classe B contre la championne Ile de France, je l’ai battu donc j’ai remporté la coupe Ile de France.

    Qu’est ce qui te plaît dans ce sport?

    Ce qui me plait ce sont le mouvements des boxeurs, un peu fauve, on dirait des animaux sauvages qui sont sur l’attente et qui explosent d’un coup. Ce que j’aime c’est plutot l’intelligence qu’il faut avoir pour battre un adversaire cela me plaît beaucoup aussi.

    Des kicks à tout les niveaux pour un bon cardio

    Qu’est ce que tu penses de la place de la femme dans ce sport ?

    Je pense que la femme a toute sa place, on peut le voir au niveau international, rien qu’en France il y a beaucoup de championnes qui sont championnes du monde.
    Ce qui est dommage, c’est que les clubs ici ne mettent pas l’accent sur le sport de combat féminin. J’ai fait un peu de forcing auprès du président de la fédération locale en lui disant que s’il ne faisait pas représenter des femmes à l’étranger, ça n’allait jamais décoller au niveau local. Donc il a pris en considération ma remarque et il m’a sélectionné parce que j’avais déjà fait un combat en France en kickboxing du coup depuis on a fait un combat en démo avec Dévaiki à deux reprises au Super Fight organisé cette année à Fautaua et la deuxième c’était à Taravao et on sent que depuis certains clubs commencent à entraîner des filles pour les faire montrer.

    Quelles sont les difficultés que tu rencontres ?

    C’est difficile d’avoir des adversaires de sa catégorie de poids localement. Pour preuve je suis montée en démo avec Devaki on avait 12 ou 13kg d’écart. Pour les entraînements ça ne me dérange pas du tout de m’entrainer avec des garçons, au contraire, ça me permet d’être meilleure. Des fois y’a des garçons ils sont gentils parce qu’ils se disent que je suis une fille mais quand il voit que je commence à taper, il me prenne un peu plus au sérieux mais en général les garçons sont bien avec les filles. Très bonne intégration et pas de discrimination au niveau des entraînements, à l’inverse ça m’arrive des fois de trouver que c’est un peu dure pour une fille mais d’un autre côté ça me permet de m’améliorer.

    Anna et Elvis Darrouzes de Tamari’i Muay Thai

    Quels sont tes objectifs pour cette année ?

    Cette année il y a le Turkménistan en septembre, après je pars mi-octobre en Thaïlande afin d’intégrer un camps à Chiang-mai et d’y rester jusqu’à ce que je n’ai plus de sous et ensuite je reviendrai et je verrai avec la fédé si ils veulent me sélectionner pour d’autres compétitions. Au niveau professionnel, j’ai pris une année sabbatique pour me consacrer à la boxe thai, jusqu’en décembre 2018. Au niveau local pour les compétitions locales je suis rattachée au club de Walter, TEAM SPIRIT FIGHT mais pour la préparation pour le Turkménistan, c’est le président de la fédération Roland DARROUZES qui m’entraîne et c’est son frère Elvis DARROUZES (du club TAMARII Muay Thai) qui s’occupe des entraînements quotidiens pour l’international.

    Un rêve sportif ?

    Que l’engouement se développe de plus en plus chez des jeunes femmes, c’est la responsabilité non seulement de la fédération mais aussi des responsables de chaque club. Il faudrait qu’il pousse un peu plus les filles à venir.

    Devaki (à gauche) aux côtés de Raja (au centre) et Anna (à droite), athlètes à partir aux jeux d’Asie

    Notons que Anna ainsi que quelques autres athlètes, possède une formation juge arbitre local mais a aussi la possibilité de juger à l’étranger sous l’enseigne WKA.

    La galerie photo :

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